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ISS: SpaceX missionné par la Nasa pour détruire la station spatiale internationale après 2030

latribune.fr

Publié le 27 juin 2024 à 08:11 - Mis à jour le 27 juin 2024 à 08:11

Située à quatre heures de vol de la Terre, la Station spatiale internationale doit arrêter de fonctionner en 2030.

Située à quatre heures de vol de la Terre, la Station spatiale internationale doit arrêter de fonctionner en 2030.

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La Nasa a annoncé mercredi avoir sélectionné SpaceX pour construire un véhicule capable de désorbiter la Station spatiale internationale après sa mise à la retraite en 2030. Son rôle sera ensuite de la repousser vers l'atmosphère terrestre afin qu'elle se désintègre, signant la fin d'une ère pour l'aérospatial mondial.

À partir de 2030, c'est un pan de l'histoire de l'aérospatial qui se fermera. À cette date, l'ISS, la Station spatiale internationale, sera détruite. Pour cela, selon le plan établi par l'agence spatiale américaine (Nasa), elle doit plonger dans l'atmosphère terrestre au-dessus d'un océan, ce qui permettra à certains morceaux de se désintégrer quand d'autres, plus résistants, finiront leur course dans l'eau. Une opération qui nécessite la construction d'un véhicule capable de manœuvrer l'ISS, pesant quelque 430.000 kg. Il devra permettre « de désorbiter la Station spatiale et éviter tout risque pour les zones habitées », a indiqué la Nasa ce mercredi, en révélant l'entreprise choisie pour le créer.

Et c'est SpaceX, la société du milliardaire d'Elon Musk, qui a remporté le juteux contrat, pouvant aller jusqu'à 843 millions de dollars. Une fois le véhicule développé, il appartiendra à l'agence spatiale, qui se chargera de l'opérer durant sa mission. Tout comme l'ISS, ce véhicule devrait se briser en rentrant dans l'atmosphère terrestre, comme l'a précisé la Nasa.

Les États-Unis prennent les devants

Modèle de coopération internationale réunissant l'Europe, le Japon, les États-Unis et la Russie, l'ISS a commencé à être assemblée en 1998, module après module, pour un coût d'environ 100 milliards de dollars, largement assumé par les États-Unis. Située à quatre heures de vol de la Terre, elle est habitée en permanence depuis le 2 novembre 2000 avec une équipe internationale composée de sept astronautes. Les équipes s'y relaient tous les quatre à six mois. Ce laboratoire spatial permet d'étudier la Terre, le système solaire, de mener des expériences en apesanteur, notamment en médecine, et de préparer des missions d'explorations spatiales.

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Sa fin de vie s'anticipe dès à présent compte tenu de la technicité du sujet. Mais aussi du contexte géopolitique. Depuis la guerre en Ukraine, l'ISS reste l'un des rares secteurs de coopération entre les États-Unis et la Russie. Mais rien ne peut assurer que ce sera le cas encore pendant les prochaines années. C'est pourquoi le patron de la Nasa, Bill Nelson, a souligné en avril, lors d'une audition au Congrès américain, le besoin de développer ledit véhicule rapidement aux États-Unis.

Dans six ans,« aurons-nous toujours la même relation pour pouvoir la faire descendre(ndlr : l'ISS)avec les Russes ? On ne peut pas compter là-dessus »,a-t-il estimé.

Une date de fin de vie qui divise

Les points de vue divergent d'ailleurs sur la date de fin de vie de l'ISS. Sa retraite était initialement prévue en 2024, mais la Nasa a estimé qu'elle pouvait fonctionner jusqu'en 2030. Un avis que ne partage pas l'agence spatiale russe Roscomos. Elle a affirmé, en fin d'année 2023, que son segment est trop vétuste pour assurer la poursuite de son exploitation. Selon son patron, Iouri Borissov, « 80% des équipements russes ont déjà dépassé tous les délais de garantie » leur permettant de rester en service. Ainsi, « la Station spatiale internationale touche à la fin de son existence », a-t-il estimé. Plusieurs problèmes techniques se sont d'ailleurs produits ces derniers mois sur le segment russe de l'ISS, dont trois incidents impliquant des fuites.

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Et si les États-Unis, le Japon, le Canada et les Européens se sont engagés à poursuivre les opérations de l'ISS jusqu'en 2030, la Russie s'est seulement engagée jusqu'à 2028, pour l'instant. Or, comme l'a rappelé la Nasa ce mercredi, « la mise hors d'orbite en toute sécurité de la Station spatiale internationale relève de la responsabilité des cinq agences spatiales ». Un départ de la Russie plus tôt que les autres obligerait les Américains à assumer seuls le ravitaillement et le maintien en orbite de la station, qui se rapproche constamment de la Terre.

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Pour la suite, après 2030 donc, les États-Unis misent sur des stations spatiales privées en orbite terrestre basse, qui pourraient accueillir des astronautes de la Nasa comme d'autres clients. Plusieurs entreprises américaines planchent déjà sur ces projets, dont Axiom Space et Blue Origin. Idem du côté européen. L'Agence spatiale européenne (ESA) a notamment conclu un accord avec Airbus et Voyager Space, qui construisent et exploiteront la station spatiale privée Starlab, ouvrant la voie à la présence d'astronautes européens dans l'espace.

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De son côté, la Russie a l'ambition de se relancer indépendamment dans la course spatiale. Elle compte pour cela construire une nouvelle station orbitale et vise 2027 pour la mise en orbite de son premier segment. Reste que si le secteur spatial russe fait historiquement la fierté du pays, il souffre depuis des années de problèmes de financement, de scandales de corruption et de revers. Ce qui pourrait compromettre son futur.

(Avec AFP)

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