ENTRETIEN — Après le succès phénoménal de Son odeur après la pluie (650.000 exemplaires), une BD, une adaptation théâtrale (au Lucernaire à Paris jusqu’au 9 novembre), Cédric Sapin-Defour publie Où les étoiles tombent, dans lequel il raconte la convalescence – avec un chien notamment – de sa femme, Mathilde, victime d’un grave accident de parapente.LA TRIBUNE DIMANCHE — Avez-vous écrit cet ouvrage pour les lecteurs qui n’avaient pas pu terminer votre précédent sur la mort de votre bouvier bernois, Ubac ?
CÉDRIC SAPIN-DEFOUR — Oui, beaucoup de lecteurs m’ont confié qu’ils n’arrivaient pas à lire Son odeur…, peut-être parce qu’ils n’ont pas fait le deuil d’un chien disparu. Mais dans les deux livres, il est question du lien à l’autre. C’est parce que nos trois chiens, Ubac, Cordée et Frison sont morts que l’on s’est autorisés à partir en voyage, à grimper et à sauter en parapente. On s’était dit qu’on allait quelque temps mener une vie sans chien et… patatras, l’accident.
Vous avez repris un chien, est-ce qu’il aide Mathilde à se reconstruire ?
On s’est tout de suite dit que ce chien n’était pas un pansement. Mais dans les faits, il vient nous décentrer de l’accident, parce qu’on s’occupe de lui. Pour Mathilde, qui reste encore convalescente trois ans après, le chien amène de la légèreté, de l’indiscipline et de la joie.
Est-ce que vous vous considérez comme un « dog parent » ?
Ah non, je ne suis pas un dog parent ! Je crois n’avoir jamais dit à un de mes chiens « viens voir papa ». J’ai écrit Son odeur… précisément pour dire que je plaçais la relation à l’animal au-dessus de tout. J’ai une telle estime de la grâce, de l’altérité et de la réciprocité de ce qu’on s’apporte l’un à l’autre. Ce n’est pas mon enfant ; c’est un chien.