Les conséquences du réchauffement climatique se font déjà sentir depuis plusieurs années en montagne. Avec un impact direct sur les activités touristiques, et notamment celles des guides de haute-montagne, qui doivent composer avec de nouveaux risques.Un isotherme zéro degré mesuré à plus de 5.000 mètres d'altitude le 28 juin dernier à Chamonix (Haute-Savoie), au plus près du plus grand glacier français, le Mont-Blanc. Un record alarmant qui se révèle lourd de conséquences sur le manteau neigeux, les glaciers et par conséquent, les activités de montagne et de haute altitude.
« Ce qu'il se passe cet été, ce n'est plus du domaine de la surprise. Nous travaillons dessus depuis des années pour être prêts à faire face à ce type de conditions », avertit Didier Tiberghien, co-directeur de la Compagnie des guides de Chamonix, qui date la prise de conscience de la profession à 2018.
Premier domaine touché : l'alpinisme. «Un tiers des itinéraires classiques ne sont plus du tout fréquentables en été, un autre tiers très difficilement», expose Xavier Cailhol, doctorant au sein de l'USMB, sur un projet de recherche portant sur le métier de guide de haute montagne et le changement climatique. Ne restent donc qu'un tiers des itinéraires vraiment fréquentables l'été, concentrant les pratiquants et les risques.
« Nous étions très dépendants de la montée du Mont-Blanc. Nous sommes sortis de ce modèle pour aller vers une offre et des destinations mieux adaptées. Des refuges, comme celui de Tête Rousse ou celui du Goûter sont en effet régulièrement contraints de fermer leurs portes, en raison du risque de chutes de pierres. « Nous essayons de sortir du mythe du sommet pour basculer vers l'expérience ». Et se tourner vers d'autres espaces, moins risqués.
Une hausse des risques mais pas des accidents
Si 25 processus géomorphologiques et géologiques liés au réchauffement climatique ont été identifiés comme ayant des impacts sur le métier de guide, les chutes de pierres représentent un risque majeur avec près d'un quart des accidents concernés par ce phénomène. Autres dangers : les chutes en crevasses, renforcées par la baisse du manteau neigeux, l'instabilité des moraines - des amas de blocs et de débris rocheux détachés des glaciers quand ils se retirent -, ou encore le raidissement de certains itinéraires liés à la fonte des glaciers.