Le joueur de basket français du Real Madrid Théo Maledon (à droite), devance Dan Oturu, de l’Hapoel IBI Tel Aviv, lors d’un match de barrage de l’Euroligue à la Movistar Arena, à Madrid, le 1er mai 2026.
La Maison blanche vise un douzième sacre en Euroligue de Basket avec le meneur de jeu de 24 ans, joker qui allie percussion et réflexion.
Au Real, tout ne va pas mal. Un trophée européen pourrait encore garnir la salle des trophées grâce aux basketteurs. Le meneur de jeu Théo Maledon, 24 ans, participera, du 22 au 24 mai à Athènes, à son tout premier Final Four.
Au petit déjeuner, il recueille les encouragements de ses compatriotes, les footballeurs Aurélien Tchouameni, fondu de NBA, et Kylian Mbappé, qu’il a encore croisé mardi 12 mai au matin, quelques heures avant l’allocution surréaliste de Florentino Pérez, leur président. Il a vu plusieurs matchs au stade Santiago Bernabéu, notamment contre l’OM en Ligue des champions, en début de saison.
À son tour de porter haut le maillot blanc. « La saison a été bonne, maintenant il faut finir le travail », annonce le Rouennais formé à l’Insep. Avec 14 points marqués dans le match 4 des quarts de finale contre Hapoël Tel-Aviv, il a signé l’une de ses meilleures performances. La précédente datait de novembre face à Kaunas, un soir à 25 unités face à son compatriote Sylvain Francisco, nommé dans le premier cinq de l’Euroligue.
« Une très bonne saison d’adaptation », juge la recrue, utilisée en sortie de banc par son entraîneur, Sergio Scariolo. Son rythme et sa percussion sont utilisés sur des périodes courtes. « Je dois maximiser mon temps de jeu », résume la pile électrique, nommée dans le deuxième cinq de la saison dernière, avec l’Asvel.
« La NBA, un horizon lointain »
Au basket comme au foot, le Real détient le record de sacres européens (11 et 15). Après un échec en quarts de finale l’an dernier, le nouveau venu a vite senti l’urgence de revenir au Final Four, « un des standards d’excellence » de l’équipe madrilène. Évidemment, la qualification n’a pas été obtenue « d’un claquement de doigts ». Elle s’est construite au gré d’une séquence de six victoires et du troisième rang au classement de la phase principale, juste derrière Valence, adversaire vendredi en demi-finale.
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Il y a un an, le vice-champion d’Europe 2022 avec l’équipe de France avait regardé l’événement à la télé. Monaco avait perdu la finale contre Fenerbahçe. Cette fois, il pourrait être sur le parquet, face à l’Olympiakos d’Evan Fournier ou au tenant du titre.
Ce serait, alors, un ultime match de rêve face à Nando de Colo, 38 ans et une carrière « légendaire » qu’il pourrait conclure en apothéose. Presque entièrement bâtie en Europe. Du haut de son 1,93 mètre, il nous a vus venir : « Pour moi, la NBA reste un horizon. Mais un horizon lointain. » Car, sur le Vieux Continent, il vit depuis plusieurs semaines « des moments extraordinaires ».
« J’ai tant appris »
Le plaisir, retrouvé l’an dernier dans le club de Tony Parker, lui avait manqué pendant sa découverte de la NBA, entre 2020 et 2024. De rares minutes dans la ligue majeure, à Oklahoma City, Charlotte puis Phoenix, et des passages au sein d’équipes de développement.
« J’aurais pu me plaindre mais j’ai tant appris », souffle ce jeune homme réfléchi qui, plutôt que de scroller sur Instagram, s’intéresse au développement personnel. Deux livres, Le bus qui donne des ailes et Le Pouvoir de la pensée positive, lui fournissent « un cadre » utile à sa progression. Au Real, « dans le top du top européen », il prolonge celle engagée l’an passé à l’Asvel pendant sa saison la plus aboutie.
Et ne vaut-il pas mieux être un gros poisson en Euroligue qu’un laissé-pour-compte en NBA ? « Bonne question », répond Théo Maledon, qui dit avoir vécu outre-Atlantique « une superbe expérience » et appris « la persévérance ». Il cite l’exemple d’un autre meneur tricolore : en mars, Killian Hayes a signé pour deux ans à Sacramento, après avoir enchaîné les contrats de dix jours.
« Des tas de personnes ont affirmé qu’il avait perdu son temps aux États-Unis mais, finalement, il peut vivre son rêve américain », soupèse le numéro 12 madrilène, qui ne passe pas ses nuits à envier son compatriote. Ni même à regarder les play-offs, sauf quand les matchs commencent à une heure raisonnable. C’est tout juste s’il s’est tenu informé de la série entre les San Antonio Spurs de Victor Wembanyama et les Minnesota Timberwolves de Rudy Gobert. Un autre monde, mais plus le seul qui vaille.