S’il n’a pas encore l’envergure médiatique d’un Nikola Karabatic, Elohim Prandi a déjà fait de grosses différences sous le maillot de l’équipe de France. À l’Euro 2024, son but légendaire sur coup franc, sur l’ultime action de la demi-finale contre la Suède, avait chamboulé le scénario et ouvert la voie à un quatrième sacre européen. C’est aussi le genre d’action qui a nourri la réflexion à la tête de la Fédération française de handball : face à des tireurs d’élite capables d’envoyer des pralines à 125 km/h, comment améliorer le rendement des gardiens de but ?
Cette question cruciale, le hand tricolore se la pose depuis la retraite sportive de Thierry Omeyer. Jusqu’au Mondial 2017, le gardien alsacien a écœuré les meilleures gâchettes. Pendant deux décennies glorieuses, enluminées de 10 titres internationaux, sa contribution fut immense. Depuis, on estime que la vitesse de tir des arrières les plus puissants a augmenté de 20 km/h. « Si l’on tient compte des temps de réaction, il est impossible d’arrêter ces ballons », constatent les experts du poste, réunis dans une cellule discrète coordonnée par le directeur technique national, Pascal Bourgeais.
À cette force de frappe s’ajoute la variété de tir des meilleurs ailiers, qui maîtrisent des dizaines de variantes pour tromper les gardiens. Un plan a été élaboré et devrait être enclenché au retour du championnat d’Europe, qui démarre le 15 janvier au Danemark, en Norvège et en Suède. Toutes les forces vives sont mobilisées : Yohann Delattre, adjoint de Guillaume Gille chez les Bleus, chapeaute ; le jeune retraité Vincent Gérard met la dernière main à une base de données spécifique ; et même Thierry Omeyer, directeur général du PSG, intervient comme consultant extérieur.