Dans un livre, l’autrice Nikol Dziub rend hommage aux supporters de son club, le Dynamo Kiev, qui ont donné leur vie pour la défense de leur pays. Comme de nombreux ultras à travers l'Ukraine.La guerre ne s’arrête pas, en Ukraine ; le football non plus. Dimanche dernier, le Chakhtar Donetsk a conforté sa place au sommet de la Premier League en gagnant 2-1 sur la pelouse du Dynamo Kiev. Comme dans la vie d’avant. À l’intérieur du stade Dynamo Lobanovski, à quelques pas du palais présidentiel sous très haute protection, plusieurs milliers de supporters ont fait entendre leur voix. Des familles, des enfants. Des ultras aussi, mais plus autant.
« Beaucoup sont morts », souffle Nikol Dziub, qui a passé une partie de sa jeunesse dans les gradins jaune et bleu jusqu’à son départ pour la France au début des années 2010. Ses souvenirs constituent la trame d’un livre mince et émouvant, Du stade aux barricades (Médiapop), qui raconte en filigrane l’engagement des ultras en faveur de la défense du pays depuis l’invasion russe, en février 2022.
« Ceux du Dynamo ont été parmi les premiers à se lever puis à monter en première ligne, développe l’autrice, rencontrée à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Ils étaient les plus courageux d’une génération de jeunes hommes très sportifs qui savaient se réunir rapidement. » À Kiev, la menace russe latente avait fait émerger de longue date « un esprit de résistance ».
Dès la révolution de Maïdan, une place proche du stade du Dynamo, en 2014, « les premiers à construire des barricades ont été les fans de foot ». Certains, familiers de la composition des cocktails Molotov, ont affronté la police, qui tirait à l’arme à feu sur les manifestants opposés au président Vladimir Ianoukovitch, homme de paille de Vladimir Poutine.