Quand il est question de secret professionnel, Marie Goncalves ne prend pas de chemin de traverse : impossible de lui arracher le nom des traileurs qui font appel à ses services. Mais elle délimite assez clairement la population : « Seuls ceux qui ont des revenus importants ont intérêt à recourir à un avocat, et ils sont encore peu. » Une centaine de clients potentiels en France, c’est en effet un marché aussi étroit que les sentiers qu’elle arpente entre quinze et vingt heures par semaine, quand elle quitte son cabinet lyonnais.
Car Marie Goncalves n’est pas allée chercher loin sa clientèle, composée de coureurs, mais aussi de footballeurs, de rugbymen ou de hockeyeurs. Elle la croise quand elle virevolte sur les monts du Lyonnais, d’où elle est originaire, dans les sas de départ, les salles de sport ou les cabinets de kinésithérapie qu’elle fréquente. Elle a été vice-championne de France de trail long en 2022, championne du monde par équipes en 2023, avant de triompher sur la SaintéLyon en 2024. Deux mois plus tard, en janvier 2025, elle prêtait serment.
Son métier maintient son moral à flot pendant les longues blessures, telle cette entorse sévère subie lors de l’UTMB (Ultra-Trail du Mont-Blanc) 2024. Et grâce au sport de haut niveau, ses journées ne s’étirent pas entre quatre murs. À 28 ans, elle chérit cet équilibre. Mais si l’envie lui en prenait, la membre de la Team Asics pourrait vivre de ses quatre contrats. Une vingtaine d’autres traileurs français seulement peuvent en dire autant. Parmi eux, de purs professionnels, tels le médiatique Mathieu Blanchard, ou d’autres ayant choisi un modèle hybride.