ENTRETIEN – La porte-drapeau de la délégation française, en lice vendredi, nous embarque avec elle dans la porte de départ. Rendez-vous au premier virage.À 31 ans, Chloé Trespeuch est l’une des reines du snowboardcross, cette discipline faite de courses spectaculaires entre quatre compétiteurs sur des parcours semés d’embûches. La Française a conquis le bronze olympique à Sotchi en 2014, l’argent en 2022 à Pékin et le classement général de la Coupe du monde de la saison 2023-2024. Maman depuis le 30 décembre 2024, elle est revenue sur les pistes en étant plus rapidement compétitive qu’elle ne l’imaginait. Assez pour lui permettre de rêver d’or à Milan-Cortina cette semaine.
LA TRIBUNE DIMANCHE – Se présenter au départ, c’est du stress ou du plaisir ?
CHLOÉ TRESPEUCH – J’adore. C’est le moment le plus intense, entre une envie immense et la pression de bien faire. Ça commence par le choix de sa porte, en fonction de sa place en qualifications. Puis on chausse, les coachs sont présents. Ils nous connaissent par cœur, savent exactement quoi dire pour nous mobiliser. Ça dure moins de cinq minutes, mais c’est plein d’adrénaline. Tu as travaillé très dur pour vivre ce moment, tu sais que dans à peu près 1’10” tu auras le résultat.
Puis vient l’annonce du starter…
Très courte. Après son dernier mot, « attention », la porte peut s’ouvrir n’importe quand dans une fenêtre de cinq secondes. Je préfère quand ça part vite. Cinq secondes à attendre, c’est extrêmement long. On tient des poignées, un peu comme celles d’une moto, et il faut être prêt à déclencher la poussée instantanément. Pour se préparer, certaines soufflent fort. Personnellement, je reste en apnée, ce qui me permet de concentrer toute ma force au moment exact où la porte s’ouvre. Si je souffle au mauvais moment, j’ai l’impression de perdre en explosivité.
Comment se travaillent les réflexes pour pousser au meilleur moment ?
On utilise des signaux sonores. Par exemple, à l’entraînement, on intègre un départ au début d’un exercice de bondissements. On travaille également avec des dispositifs lumineux comme les BlazePod : différentes couleurs s’allument et on doit réagir rapidement en touchant la lumière dès qu’elle apparaît. Ça fait travailler à la fois la vision périphérique et les réflexes. C’est très ludique et très utile. On peut les intégrer à pratiquement tous les exercices.