Les professionnels des énergies renouvelables pestent contre l'absence de nouvelle programmation pluriannuelle de l'énergie. Des développeurs aux gestionnaires de réseau, c'est toute l'organisation de la transition énergétique qui piétine.Pas de gouvernement et donc toujours pas de cap énergétique pour la France. Sans publication de la tant attendue Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), le pays n'a pas d'objectif de développement ni pour l'éolien ni pour le solaire, les deux piliers renouvelables du secteur. La feuille de route est pourtant en préparation depuis 2021 et prête à être publiée par décret gouvernemental... dès qu'il y aura quelqu'un aux manettes.
L'ex-ministre de l'Industrie et de l'Energie, Marc Ferracci, avait ainsi promis une publication de la PPE par décret avant l'été.
« Cette absence de visibilité pénalise grandement le développement des énergies renouvelables en France, la création d’emplois associée, les investissements, sans parler de la souveraineté énergétique de notre pays dont le mix énergétique dépend toujours à 60 % d’énergies fossiles importées », écrit ainsi Anne-Catherine de Tourtier, présidente de France Renouvelables, en introduction de l'Observatoire 2025 du système électrique, publié aujourd'hui par le syndicat. En ajoutant les demandes de moratoire relayées par l'extrême droite en juin puis évoquées du côté Sébastien Lecornu à la rentrée, la filière se sent de plus en plus délaissée.
Solaire au top, éolien en repli
« La PPE traduit la volonté de l’État et donne une direction. Si on n’a pas ce phare, on ne sait pas où aller », réagit Carole Descroix, fondatrice de Terapolis, une jeune entreprise qui veut développer des parcs solaires et agrivoltaïques. Face aux difficultés persistantes, la développeuse a choisi de se détourner de l'éolien pour le moment. « La lenteur des administrations est assez incroyable », commente-t-elle. Il faut compter entre six à dix ans pour développer un parc selon les dires de la filière. Parfois même plus.