LA TRIBUNE - Comment analysez-vous la baisse actuelle de consommation de vin par les nouvelles générations ?
PASCAL HENOT - On assiste à un changement profond qui n'est, à mon sens, ni conjoncturel ni un simple passage à vide. C'est vraiment un changement dans la durée. Dans la culture française traditionnelle, le vin est perçu comme un aliment pas comme une boisson. Il est intimement lié au repas et, pour le vin rouge à un repas de viande. À tel point que le vin fait partie du repas gastronomique français inscrit au patrimoine de l'Unesco. Le repas se déstructure, le contenu de nos assiettes change et on tend vers du moins gras, moins sucré, moins de viande et moins d'alcool. La baisse de la consommation de vins est donc une tendance qui va durer mais qui devrait aussi laisser plus de place à des produits plus simples et plus légers.
Les jeunes générations resteront donc inaccessibles pour les vins actuels ?
Non, je pense que le vin trouvera une place dans leur consommation mais une place différente, plus accessible, plus simple à comprendre. On parle de vin blanc, de rouge léger, de rosé ou encore de vin à la bière. On voit de nouveaux produits émerger tels que la vière, une boisson hybride entre vin et bière, du vin avec moins d'alcool voire pas d'alcool du tout, du vin pétillant naturel, du vin orange [u
n vin blanc vinifié comme du vin rouge avec macération, NDLR]. La consommation penche aujourd'hui pour des vins moins concentrés, moins colorés, moins structurés et donc plus simples, plus légers et plus fruités. Il faut coller à cette tendance en veillant à garder une typicité.