Du vin, oui, mais du vin sans alcool ! Face à des jus un peu trop boisés et « masculins » qui n'ont plus la cote, Bordeaux Families a investi l'an dernier 2,5 millions d'euros dans une machine à désalcooliser le vin, importée d'Afrique du Sud. La coopérative située à Sauveterre-de-Guyenne regroupe 300 vignerons et 5.000 hectares de vignoble pour une production de 300.000 hectolitres chaque année, essentiellement en appellation Entre-Deux-Mers. Au bout d'un an seulement, elle a mis sur le marché plus de 2 millions et demi de bouteilles de vin sans alcool, soit un peu moins de 10 % de sa production totale.
« C'est une bonne dynamique qui commence à s'installer, se réjouit Anna-Sophie Sobecki, responsable marketing et communication de la coopérative. On pensait toucher les jeunes de la génération Z qui consomment « healthy » (pour être en bonne santé) mais on se rend compte que le produit séduit surtout les flexibuveurs, des personnes qui continuent à boire de l'alcool mais apprécient de faire des pauses. »
Le processus commence par une vinification traditionnelle, puis le vin est distillé sous vide à basse température, une opération durant laquelle l'alcool, mais aussi une partie des arômes qu'il faut ensuite rajouter manuellement, s'évaporent. « Notre plus gros marché aujourd'hui, ce sont les Pays-Bas, où les ventes augmentent. Là-bas, nos produits sont vendus sous nos marques dans les supermarchés, précise Anna-Sophie Sobecki. En France, nos bouteilles sont déjà distribuées par des cavistes et un test à grande échelle est prévu en janvier avec France Boissons, le leader de la distribution dans les bars, hôtels, cafés et restaurants, et dans les magasins Leclerc. Il faut une animation pour accompagner le consommateur et lui proposer de goûter le produit. Avec une bouteille vendue entre 8 et 12 euros, on ne peut pas se contenter de la mettre en rayon. »