La biotech Ektah franchit une étape dans la course aux traitements contre l’obésité
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Le professeur Naim Khan, co-fondateur de la biotech Ektah basée à Dijon.
Edouard Barra
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Le professeur Naim Khan, co-fondateur de la biotech Ektah basée à Dijon.
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Dans la course mondiale aux traitements contre l’obésité, Ektah entend tracer sa propre voie. La société a annoncé, le 12 mai, des résultats préliminaires positifs de phase I pour son candidat médicament NKS-3, développé sous forme de comprimé orodispersible à faire fondre dans la bouche.
En 2022, l’entreprise travaillait encore sur un spray sensoriel destiné à cibler ces récepteurs situés sur la langue. Depuis, elle a fait évoluer sa stratégie vers une forme pharmaceutique plus classique. « Le spray, d’un point de vue marketing, marchait très bien, mais cela complexifiait le développement. Nous sommes passés sur un comprimé orodispersible qui vient directement cibler les récepteurs sur la langue », explique Xavier Boidevezi.
Pour comprendre l’enjeu, il faut revenir au GLP-1, cette hormone naturellement produite par l’intestin après un repas. Elle envoie au cerveau le signal de satiété. Les traitements stars actuels, comme ceux de Novo Nordisk ou Eli Lilly, imitent artificiellement cette hormone et permettent des pertes de poids importantes.
Mais ils présentent aussi des limites : effets secondaires digestifs, perte de masse musculaire, injections répétées et reprise fréquente du poids à l’arrêt. L’approche d’Ektah diffère radicalement. Son comprimé vise à réactiver des récepteurs gustatifs du gras présents sur la langue, dont le fonctionnement serait altéré chez de nombreuses personnes obèses.
L’objectif : relancer la production naturelle de GLP-1 et d’autres hormones de satiété comme la CCK ou le peptide YY. « Nous ne remplaçons pas le système biologique, nous cherchons à le réparer », résume Xavier Boidevezi, président et cofondateur.
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Les premiers résultats sur 18 patients traités pendant 30 jours montrent une réduction moyenne de la masse grasse de 4,3 % chez les répondants, avec préservation de la masse musculaire. Selon l’entreprise, 80 % des participants ont répondu au traitement et aucun effet indésirable grave n’a été signalé. Autre signal : des tests précliniques suggèrent que le NKS-3 pourrait réduire d’environ 50 % la reprise de poids après l’arrêt du sémaglutide, principal traitement GLP-1 du marché.