Le 25 juillet 2024, un pan du coteau d’Artets, dans le massif du Vercors, en Isère, s’est éboulé, sur les communes de la Rivière et de Saint-Gervais. Dix-huit mois après les faits, le procureur du Parquet de Grenoble, Étienne Manteaux, a annoncé des poursuites contre la SAS Carrière la Rivière, son président et son directeur général.Les responsabilités sont-elles en train d’être identifiées ? Le procureur de la République du tribunal judiciaire de Grenoble, Étienne Manteaux, a annoncé, mercredi 7 janvier, avoir lancé des poursuites à l’encontre du président et du directeur général de la SAS Carrière La Rivière, ainsi qu’à l’encontre de la personne morale, pour « délit d'exploitation d'une installation classée soumise à autorisation et exploitation non conforme, ayant causé une atteinte grave à l'environnement. »
Près d’un million de m3 de roches, de gravats et de terre s’étaient effondrés, le 25 juillet 2024, sur la route départementale 1532 qui relie Valence à Grenoble ainsi que sur des terres agricoles - couvrant près d’un km2 de 20 à 30 mètres de remblais. Depuis, la route, très fréquentée, reste coupée à la circulation, et les menaces de nouveaux éboulements ont contraint les autorités à interdire d’accès tout un secteur. Une situation qui occasionne d'importantes perturbations pour les riverains.
La catastrophe naturelle rejetée
En décembre 2024, un arrêté ministériel paru au Journal officiel invoquait déjà « des facteurs d’origine anthropiques […] prédominants dans le déclenchement du mouvement de terrain : terrassements liés à l’exploitation d’une carrière », rejetant ainsi au passage le classement en catastrophe naturelle et ouvrant la voie à une responsabilité de l’exploitant de la carrière, la SAS Carrière la Rivière.
Le procureur de la République de Grenoble estime y voir un lien - même si les dirigeants contestent tout lien de causalité. S'appuyant sur plusieurs rapports d'expertise, il cite notamment un « incident majeur », un effondrement de 50 000 mètres cubes de roches ayant eu lieu en mars 2019 et qui aurait été dissimulé par les exploitants, alors que la société était en procédure de reconduction d'autorisation d'exploitation auprès de la préfecture de l’Isère. Selon Etienne Manteaux, les exploitants de la carrière auraient donc eu connaissance de la fragilité du secteur et des risques potentiels dès cette époque.