Après un premier projet de SCIC finalement abandonné, les actifs du chimiste Vencorex font à nouveau l'objet d'un dossier de reprise : porté cette fois par l’industriel local Olivier Six et d’anciens salariés, le projet Exalia vient d'obtenir un soutien financier de la Métropole de Grenoble. Avec en ligne de mire, une nouvelle étape à franchir fin novembre.C’est une date symbolique. Quatre mois jour pour jour après la présentation officielle du projet Exalia de reprise d’une partie de l’activité du chimiste Vencorex, à Pont-de-Claix, en Isère, le conseil métropolitain de Grenoble Alpes Métropole a voté à l’unanimité, ce vendredi 7 novembre, un soutien de principe au projet de société, d’un montant de trois milions d’euros, sous forme d’avance remboursable sur les investissements, ont annoncé Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole, et Guy Jullien, vice-président chargé de l’économie, de l’industrie et de la résilience économique.
Porté par un industriel local, Olivier Six (CIC Orio), et une poignée d’anciens salariés de Vencorex, le projet entend proposer une chimie décarbonée, c’est-à-dire non issue de produits pétroliers, sur le site de l’ancien producteur de tolonates, dont l’activité a été très partiellement reprise par le chinois Wanhua. Christophe Ferrari parle d’« un pôle de référence de la chimie verte », qui relancerait la production de sel et de chlore en France.
Un nouveau ministre « très à l’écoute »
« Ce qui a beaucoup changé dans l’histoire, c’est qu’il y a eu un nouveau ministre », lance l’élu, qui a été reçu à Bercy, le 22 octobre dernier, par Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, pour évoquer le dossier Exalia. « Il a toujours été très attentif à la question industrielle. A peine nommé, il m’a appelé », précise le président de Grenoble Alpes Métropole, par ailleurs maire de Pont-de-Claix.
La nouveauté dans le dossier, c’est que les véhicules financiers potentiels ont été identifiés, notamment des financements de l’ADEME, la BPI ou encore la Banque des Territoires - qui ne dépendent pas forcément de l’accord d’un ministre. « Les choses prennent un caractère plus concret, plus opérationnel », estime Christophe Ferrari. La Région Auvergne-Rhône-Alpes est également sollicitée à hauteur de 7 millions d’euros. « Il faut désormais que la Région acte son soutien », ajoute-t-il. Condition indispensable pour que la Métropole puisse s’engager, en raison de la répartition des compétences.
Au total, entre 20 à 25 millions de financements publics pourraient être mobilisés, pour un besoin total de 40 à 50 millions d’euros nécessaires pour rénover le site et payer les 8 salariés qui seraient mobilisés au départ, pendant deux ans, pour rénover le site et les outils de production. « En renouvelant l’outil de production, ils vont beaucoup moins consommer d’énergie, c’est ce qui fait la viabilité du projet », explique Guy Jullien.