C'est un coup de tonnerre pour les porteurs du projet de reprise de l'entreprise de la chimie iséroise. La tribunal des affaires économiques de Lyon a rejeté, ce mercredi 25 mars, le projet Exalia, pourtant financé et soutenu par l'Etat.
La décision était attendue depuis plusieurs semaines. Exalia avait reçu le soutien de l'Etat, de la région Auvergne-Rhône Alpes mais aussi de la Métropole de Grenoble. « Nous n'avons pas encore tous les détails de la décision, mais il semblerait que le tribunal refuse de confier un site classé SEVESO à une PME ou à un groupe familial. Cela se fait pourtant ailleurs, en Italie ou en Espagne ! », détaille Olivier Six, qui explique pourtant que le projet repose sur une expertise technique pointue et a été accompagné par des cabinets d'études du secteur.
« C'est incompréhensible qu'on préfère donner le site à un ferrailleur »
« C'est un projet stratégique de souveraineté, qui répond à un véritable besoin du pays et de ses entreprises. Si le projet ne se fait pas, les entreprises qui restent sur la plateforme voient leur modèle économique mis en péril. Et des clients à l'autre bout de la France attendent déjà nos produits », précise Olivier Six.
« C'est incompréhensible qu'on préfère démanteler, donner le site à un ferrailleur, plutôt que de dire qu'il y a une chance que ce projet aboutisse, bien qu'il soit solide et que personne ne l'ait jamais remis en question », déplore Séverine Dejoux, ancienne salariée de Vencorex, et porteuse du projet à l'occasion d'une conférence de presse donnée sur la plateforme chimique de Pont-de-Claix, devant l'entrée des anciens locaux de Vencorex.
« Le symbole de la désindustrialisation en France »
Le tour de table du projet était pourtant déjà bouclé, avec un financement excédentaire : 15 millions d'euros de fonds privés, autant de prêts publics, 17 millions de promesses de subventions et 13 millions de la part des banques. « Nous ne comprenons pas la décision. C'est vraiment le symbole de la désindustrialisation en France ».
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