C’est un sommet de l’Elevage sans vache et sans ministre de l’Agriculture qui s’ouvre, ce mardi, dans le Puy-de-Dôme. Vitrine des revendications de la profession, ce rendez-vous est marqué par l’inquiétude et l’agacement des éleveurs, dans un contexte d’instabilité politique XXL.C’est un Sommet de l’élevage très particulier qui s’ouvre pour quatre jours à Cournon d'Auvergne, dans le Puy-de-Dôme. Pas uniquement parce que les bovins, d’habitude grandes vedettes de ce salon de référence, sont tous absents à cause de la dermatose nodulaire contagieuse. Non, cette année c’est bien le contexte politique qui s’invite dans toutes les conversations. Le contexte politique et son lot d’incertitudes. Pourtant les éleveurs attendaient des réponses notamment sur la crise sanitaire, leur revenu, la loi Duplomb ou encore sur l’accord de libre-échange entre l'UE et les pays du Mercosur.
Mais faute de gouvernement, tout est au point mort. La ministre démissionnaire de l’Agriculture, Annie Genevard, un temps attendue ce mardi en Auvergne, ne devrait pas faire le déplacement.
« Pendant que nous sommes en train de nous embourber dans nos problématiques de politique interne, les négociations internationales avancent. L’Europe regarde la France avec une forme de condescendance. L’urgence, c'est qu'on sorte du marasme politique dans lequel on est », résume Arnaud Rousseau président de la FNSEA, arborant un autocollant rouge « Non au Mercosur » à la poitrine.
Le principal syndicat agricole en a édité 20.000 exemplaires, qu’il distribue dans les allées du Sommet. Car ce salon reste une vitrine des revendications de la profession.
« Au-delà du Mercosur, il y aura à l’automne les discussions sur la PAC, la politique agricole commune… nos représentants ne peuvent pas être crédibles. Donc les choses se déroulent sans nous et c'est bien regrettable », ajoute de son côté Christian Convers, secrétaire général de la Coordination rurale, également présent sur le Sommet.
Au-delà des sujets internationaux, les agriculteurs attendent toujours de pied ferme les décrets d’application sur la Loi Duplomb. « Nous avons besoin que les affaires se poursuivent. Sur l'assurance des prairies, sur les installations classées pour l'environnement les ICPE, il faut avancer. C’est une demande concrète ici dans les allées. Or sans gouvernement, pas de décret. La loi a été promulguée, mais elle n'entre pas en application, c'est aussi simple que ça », dénonce Arnaud Rousseau.