Emmanuel Macron veut accélérer les « cathédrales industrielles » comme la mine de lithium d’Échassières
Emilie Valès

Le site doit permettre, à partir de 2030, de produire 34 000 tonnes par an d’hydroxyde de lithium.
Emilie Valès
Emilie Valès

Le site doit permettre, à partir de 2030, de produire 34 000 tonnes par an d’hydroxyde de lithium.
Emilie Valès
La mise en scène est soignée. Emmanuel Macron, casque bleu et chasuble orange, est encadré de deux immenses engins miniers. Un drapeau tricolore, accroché à une des pelles mécaniques, flotte au vent. Derrière lui, s’étale la vaste carrière exploitée par Imerys pour son kaolin à Échassières dans l’Allier. Un cadre léché pour présenter la méthode de l’État afin d’accélérer 150 grands projets industriels, les « cathédrales industrielles de l’indépendance française », selon les mots du président de la République en référence au chantier de Notre-Dame qui tient lieu d’exemple en matière de simplification et d’accélération des procédures.
La mine de lithium, soutenue de longue date par l’État, fait partie de la liste. Cette visite est autant un « coup de com » qu’un soutien appuyé pour le projet bourbonnais. Car sous les pieds de la centaine de personnes présentes pour cette visite très encadrée se cache un trésor : le quatrième plus gros gisement mondial de minerai de lithium.
Le site doit permettre, à partir de 2030, de produire 34 000 tonnes par an d’hydroxyde de lithium et équiper annuellement 700 000 voitures électriques.
Pendant des décennies pourtant, l’Europe et la France ont largement externalisé ces activités. Mais face aux tensions géopolitiques, les autorités tentent de les relocaliser.
Entouré d’une partie de son gouvernement, le chef de l’État a plaidé pour une politique en faveur de la souveraineté et de l’indépendance.
Pour accélérer ce projet de mine et les autres, le chef de l’État promet une mobilisation générale, annonçant notamment la parution ce mercredi matin d’un « décret contentieux ». Le texte prévoit que tout recours contre les projets industriels retenus ira directement en cour administrative d’appel.
Mais le gouvernement, qui veut aussi rendre facultative la saisie de la Commission nationale du débat public pour les projets industriels dépassant 600 millions d’euros, se défend d’enlever toutes les armes aux opposants.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Ces annonces, tout comme la volonté de l’État de réduire les délais d’instruction des demandes d’autorisation environnementale, passent mal du côté des opposants à la mine d’Échassières. Ils étaient une centaine, ce mercredi, pour protester dans le centre-ville de Montluçon, à quelques kilomètres de la mine, à l’occasion de la venue du président. Ils se feront entendre lors de l’enquête publique sur l’octroi de la concession minière à Imerys pour l’extraction du lithium, qui doit s’ouvrir dans quelques jours.
Emilie Valès
Strasbourg : ce que les patrons attendent de la méthode Trautmann
Renault, Tesla, Hyundai : les robots humanoïdes marquent « une révolution industrielle » dans l'automobile
Location meublée : la côte Atlantique au cœur du bras de fer entre économie locale et régulation nationale
Vencorex : les porteurs du projet de reprise Exalia contraints à l'abandon définitif