En dépit d'une politique volontariste de construction de logements, la métropole de Rennes connaît depuis plusieurs années une pression immobilière croissante.
Après l’euphorie liée à la crise du Covid puis la chute brutale du nombre de logements vendus, une reprise modérée s’est amorcée. En Bretagne, le coût du logement impacte toujours les primo-accédants et ralentit le marché locatif. L'absence d'une politique du logement n'arrange rien.
En octobre dernier, la petite commune de Beignon (1 900 habitants), située à 35 kilomètres de Rennes et 10 kilomètres de Guer-Coëtquidan, là où vivent de nombreuses familles de militaires de l’Académie de Saint-Cyr-Coëtquidan, alertait sur la pénurie de logements. Dans ce bourg rural, les offres de location partent dans la journée, recensant plus de 200 demandes chacune.
Comme d’autres communes de la périphérie de Rennes, Beignon subit le contrecoup de plusieurs facteurs : le dynamisme économique et démographique de l’aire d’attraction rennaise caractérisé par un taux de chômage entre 5 et 6 % et une population croissante (+ 6,9% dans Rennes Métropole entre 2016 et 2022). Et par ricochet, une demande forte en logement à une période où Rennes se trouve pénalisée par son coût élevé.
Même si les professionnels de l’immobilier bretons, agents et notaires, constatent une reprise, timide, de l’achat immobilier, le marché locatif reste grippé dans certaines villes et leurs alentours.
Plus de logements inoccupés
« Les loyers bretons ont augmenté en moyenne de 1,9% en 2025, dans un contexte d’offre insuffisante au regard de la demande », évalue ainsi la chambre Bretagne de la Fnaim dans son bilan annuel 2025.
« Certains logements sont même vacants, c’est-à-dire inoccupés depuis au moins deux ans. Cela traduit une frilosité voire une perte de confiance des bailleurs, alors que le gouvernement n’incite pas suffisamment à la remise en location », précise Jérôme Lebrun, le président de la Fnaim Bretagne.
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Alors que 29,4 % des logements du parc locatif breton sont notés E, F ou G dans les diagnostics de performance énergétique, cette raréfaction de l’offre inquiète les professionnels.
Si les Côtes d’Armor affichent un niveau de loyer à 10,80 euros du mètre carré et une évolution du nombre de logements locatifs de 2,90 sur un an (23,30 % sur cinq ans), la crise est plus marquée en Morbihan et en Ille-et-Vilaine. Les prix s’y fixent respectivement à 12,3 et 13,80 euros du mètre carré, mais l’évolution marque le pas. Sur un an, le parc locatif morbihanais a augmenté de 2,50 % mais de 18 % sur cinq ans. L’Ille-et-Vilaine affiche pour sa part un taux négatif de -0,20 % sur un an, et seulement 13,80 % sur cinq ans.