Ayant déposé trois demandes de permis de exclusifs de recherche en métaux stratégiques en Bretagne et Pays de la Loire, la société Breizh Ressources, attend la réponse du ministre de l’Industrie. Pour l’heure, face à la levée de boucliers, la filiale du groupe canadien Aurania Resources, démine le terrain.En maîtrisant les matières premières, la Chine, premier producteur mondial de métaux stratégiques, dont sept en quasi-monopole, maîtrise l’industrie. À l’inverse, l’Europe consomme 20% des métaux produits au monde, mais n’en produit que 3%.
Pour réduire la dépendance à ces pays où les coûts de production sont plus faibles mais l’impact social et environnemental colossal, la Commission européenne a émis en 2023 le décret Critical Raw Material Act. À l’horizon 2030, 10% de la consommation européenne devra être extraite dans le sous-sol européen, 25% issue du recyclage, 40% transformés en Europe et la dépendance à un seul pays tiers sera limité à 65%
C’est dans ce contexte, amplifié par l’inventaire des ressources minérales du sous-sol français mené depuis le début d’année par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), que s’inscrit le projet de recherche privée de Breizh Ressources.
Pas d'extraction avant 2040; faible probabilité
Filiale du Canadien Aurania Resources, spécialisé dans le financement de projets de recherche d’exploration minérale à l’étranger (42,77 millions d'euros investis par exemple en Équateur), Breizh Ressources a déposé trois demandes de permis exclusifs de recherche (PER) : en Bretagne (Morbihan, Ille-et-Vilaine) et en Pays de la Loire (Maine-et-Loire, Loire-Atlantique) sur des zones de grands espaces et des zones agricoles couvrant 850 kilomètres carrés. En cours depuis deux ans, l’instruction des dossiers attend la décision prochaine du ministre de l’Industrie. Mais dans l’intervalle, la junior (terme désignant une entreprise d’exploration) démine le terrain face à une opposition parfois virulente.