C’est un nouvel épisode, indirectement lié à la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis. Le commissaire européen chargé de la Prospérité et de la Stratégie Industrielle a réuni ce lundi matin, en visioconférence, une quinzaine d’industriels pour étudier en profondeur leurs approvisionnements actuels en matières premières critiques.
Selon ses dires, Stéphane Séjourné a tenu à organiser cette « réunion d’urgence » pour aborder particulièrement le sujet « des terres rares et aimants permanents suite aux restrictions chinoises ».
Cette mobilisation fait suite à l’annonce de Pékin le 9 octobre d’un renforcement des contrôles des exportations de terres rares et de technologies permettant leur exploitation. Le ministère du commerce chinois précise qu’il s’agit des technologies sur « l’assemblage, le réglage, la maintenance, la réparation et la mise à niveau des lignes de production ». Une annonce loin d’être anodine alors que l’Europe et les États-Unis tentent d’ouvrir sur leurs sols des usines d’extraction et de raffinage de ces terres rares, tandis que la Chine contrôle 90 % du marché mondial.
Surtout, cette crise devrait prendre une nouvelle dimension suite à l’affaire Nexperia. Sur pression des États-Unis, les autorités des Pays-Bas ont pris le contrôle de cette société détenue par un groupe chinois, lui-même propriété en partie par le gouvernement chinois. Or, cette société alimente l’industrie européenne, et particulièrement l’industrie automobile, en puces électroniques diverses et semi-conducteurs. Ce qui fait craindre à l’ACEA, l’association des constructeurs européens, des arrêts d’usines à court terme.