Entre Metz et Nancy, l’aéroport lorrain en sursis
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L'aéroport de Metz-Nancy-Lorraine dispose d'une piste de trois kilomètres. il n'accueille plus qu'on opérateur sur vols réguliers, Air Algérie.
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L'aéroport de Metz-Nancy-Lorraine dispose d'une piste de trois kilomètres. il n'accueille plus qu'on opérateur sur vols réguliers, Air Algérie.
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S'agissait-il d'une dernière subvention, ou d'un dernier sursis ? En accordant le 19 septembre une contribution de 650 000 euros au déficit de l'aéroport lorrain, le conseil régional du Grand Est a offert une bouffée d'oxygène à cette plate-forme désertée par les passagers. Situé à mi-chemin entre Nancy et Metz n'apparaît plus comme un outil d'aménagement du territoire. Avec 105 000 passagers en 2024 contre 263 000 en 2019, et avec la région comme actionnaire unique, des élus l'accusent d'être devenu un gouffre pour les finances publiques.
« J’observe un enchaînement de subventions pour combler le déficit d’exploitation. 1,2 million d’euros en janvier, 300 000 euros en mars, 650 000 euros en septembre, soit 2,15 millions d’euros cette année. On ne peut pas continuer comme cela », prévient Christophe Choserot, président du groupe Centristes et Territoires au conseil régional du Grand Est.
Inauguré en 1989, l'aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, rebaptisé Lorraine Aéroport, n'a jamais trouvé son public. Trop proche de Luxembourg, où la compagnie nationale Luxair n'a cessé de tirer la croissance de l'aéroport de Findel, l'équipement lorrain attire encore les passagers d'Air Algérie, dont les vols vers Alger, Constantine et Oran représentaient 65 % trafic local en 2023. En 2025, l'activité a été affectée par la chute du trafic charter, restreint à quelques vols opérés en saison pour le compte du voyagiste allemand TUI.
« Les compagnies ont regroupé leurs flottes sur les grands hubs. En Lorraine, le TGV a vidé les aéroports régionaux, et le Luxembourg prévoit d’investir un milliard dans son aéroport. Les Lorrains ont pris l’habitude de partir de là-bas », confirme Christophe Choserot.
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Dans ce contexte, le rapport publié au printemps par la Chambre régionale des comptes (CRC) du Grand Est a fait l’effet d’un premier électrochoc. L’institution y dresse un tableau sévère : dépendance structurelle aux subventions publiques, gouvernance éclatée, absence de stratégie. La CRC évalue à 500 000 le seuil de passagers nécessaire pour assurer la viabilité économique de Lorraine Aéroport, et préconise un changement de gouvernance (création d'une SPL ou d'un syndicat mixte) ou l'entrée d'un opérateur privé pour relancer la dynamique. Au sud, la métropole de Nancy et le département de Meurthe-et-Moselle n'y sont pas favorables. Au nord, la métropole de Metz et le département de Moselle ont opté pour le silence radio.
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