C'est un premier avertissement. En réponse à la hausse de la taxe de solidarité sur les billets d’avion, Ryanair suspendra pour la saison hivernale 2025 ses opérations sur trois aéroports régionaux Bergerac, Brive et Strasbourg. À Bergerac, où la compagnie assure 75 % du trafic, l’impact sera, à ce stade, limité. Mais un retrait sur le plus long terme serait catastrophique pour les plateformes régionales.Thomas Juin, directeur général de l'aéroport de La Rochelle et président de l'Union des aéroports français (UAF), avait alerté le gouvernement dès le printemps. Il craignait des départs de compagnies des petits aéroports à compter du programme automne-hiver et surtout en 2026. Il ne s'était pas trompé. En réponse à l'augmentation de la taxe de solidarité sur les billets d'avion de 180 % en mars dernier, Ryanair a annoncé le 30 juillet l'annulation de 25 lignes et l'arrêt de ses opérations aux aéroports de Bergerac (Dordogne), Brive (Corrèze) et Strasbourg (Bas-Rhin) pour l'hiver 2025, du 26 octobre au 28 mars.
« La compagnie avait envoyé un courrier à tous les aéroports français et prévenu qu'elle pourrait se retirer de tous les aéroports français si le gouvernement allait au bout de son idée d'augmenter les taxes. C'est un premier coup de semonce », explique Christophe Fauvel, président de la CCI de Dordogne, majoritaire au sein de la société EGC AERO, gestionnaire de la plateforme de Bergerac.
Une alerte
Est-ce pour autant la chronique d'une mort annoncée pour Bergerac où 75 % du trafic est assuré par Ryanair ? « L'impact sera limité », révèle Christophe Fauvel. La période hivernale ne concentre en effet que 10 % du trafic, ce qui représente un potentiel de 18.000 passagers perdus, à savoir la fréquentation de la ligne Bergerac-Londres Stansted. L'aéroport avait par ailleurs programmé huit semaines de fermeture de la piste début 2026 en raison de la mise en œuvre de travaux de remplacement du balisage de piste.
Mais quelle sera la suite ? « Sans action urgente, la France risque de perdre encore plus de capacité et d'investissements au profit de marchés plus compétitifs à l'horizon de l'été 2026 », prévient Ryanair. « Un retrait complet serait gravissime pour des plateformes comme celles de Bergerac et ça serait un très mauvais coup porté à l'économie locale », assure Christophe Fauvel qui précise que l'aéroport de Bergerac, où l'activité est principalement touristique, c'est à peu près 100 millions d'euros de retombées économiques sur le territoire. «Mais nous n'en sommes pas là. J'espère que nos gouvernants en tireront des enseignements et mesureront un peu mieux les risques qui se retrouvent déportés sur nos territoires ».