L’Alsace réfléchit déjà à l’après-Huawei
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L'usine Huawei à Brumath (Bas-Rhin) n'a pas reçu ses équipements de production.
Olivier Mirguet
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L'usine Huawei à Brumath (Bas-Rhin) n'a pas reçu ses équipements de production.
Olivier Mirguet
Les doutes n'ont pas encore été confirmés, mais les élus locaux alsaciens et les acteurs économiques locaux préparent déjà l'après-Huawei. Quatre ans après avoir annoncé la création de sa première usine hors de Chine, et avant même d'avoir engagé la production, le groupe chinois a cessé toute activité sur son site de Brumath (Bas-Rhin). Le bâtiment flambant neuf de 51.430 mètres carrés, livré en septembre par son constructeur Bouygues Immobilier, aurait dû produire des équipements pour la 5G dès la fin 2025. Il est resté désespérément vide. Contactée ce lundi par La Tribune, la direction de Huawei est restée muette.
Annoncé en décembre 2020, ce projet d'implantation devait symboliser le retour de la production technologique en Europe : 250 millions d’euros d’investissement, une capacité annuelle estimée à un milliard d’euros d’équipements. Le projet avait été validé sous l’impulsion de Jean Rottner, alors président du Grand Est.
Mais depuis la fin de cet été, les signaux de retrait se sont multipliés. « Le projet est officieusement arrêté, mais pas officiellement. Je n’ai jamais vu ça », confie un proche du dossier. Depuis quelques semaines, la direction chinoise reste injoignable. « On nous ment », grondait ce lundi Marc Chrétien, responsable HSE (hygiène, sécurité, environnement) à l'entrée de l'usine, devant le portail sécurisé de Huawei Machines. Le géant chinois des télécoms n'y a jamais accroché son enseigne.
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Les embauches ont démarré, plus lentement que prévu, avec des responsables de suivi du chantier et quelques cadres intermédiaires. Sur les réseaux sociaux, certains ont accusé Huawei d’avoir perçu des subventions avant de partir : une rumeur démentie par le conseil régional. « La convention établie en 2021 prévoyait 800 000 euros d’aides. Elle est devenue caduque fin 2023 parce que Huawei n'a pas respecté ses engagements, ni son calendrier. Aucune somme n’a été versée », confirme Camille Petitjean, conseillère économique de Franck Leroy, président du Grand Est.