Après des mois d’escalade tarifaire et de menaces réciproques, Donald Trump et Xi Jinping devraient enfin se rencontrer. Le rendez-vous est fixé à jeudi dans la ville sud-coréenne de Busan, en marge du sommet de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (Apec). « Nous avons beaucoup de choses à dire à Xi et lui doit avoir beaucoup de choses à nous dire », a confié l’Américain vendredi 24 octobre alors qu’il embarquait dans Air Force One pour une très longue tournée asiatique.
Entre les menaces qui pèsent sur Taïwan ou le soutien de Pékin à la Russie, les sujets de friction entre les deux dirigeants ne manquent pas. Mais c’est évidemment la guerre commerciale qui va occuper l’essentiel des discussions. Après une brève accalmie, les deux pays ont de nouveau déterré la hache de guerre depuis que Pékin a annoncé davantage de contrôle sur les terres rares qu’elle extrait.
Au cœur de cette dernière rivalité, la lutte acharnée pour contrôler le secteur de l’intelligence artificielle. Depuis le début de l’année, l’administration américaine a multiplié les mesures de rétorsion à l’encontre de Pékin dans ce secteur, Trump limitant notamment l’accès aux semi-conducteurs et logiciels avancés.
Plutôt que de décourager le régime communiste, ces restrictions l’ont poussé à accélérer son autonomie. En juillet, Huawei et SiliconFlow, start-up chinoise en IA, ont ainsi annoncé le développement d’un supercalculateur, le CloudMatrix 384. Deux fois plus puissant que celui conçu par Nvidia, il est totalement made in China et intègre des puces qui remplacent celles du géant de la tech américaine, exclu du marché chinois par les sanctions américaines.