Depuis bientôt cinquante ans, le Blayais vit au rythme de l'activité de sa centrale nucléaire et de son vignoble, deux moteurs économiques qui pèsent chacun autour de 10 % de l'emploi local. Mais alors que la viticulture traverse une crise historique et que la centrale du Blayais se cherche un avenir après 2040, la Haute Gironde se trouve à un tournant.
« Les décisions qu'on prend aujourd'hui auront des conséquences pour des dizaines d'années », prévient ainsi Lionel Matias, le président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) de Gironde et Nouvelle-Aquitaine. « Les EPR 2 sont un sujet stratégique pour le territoire, s'ils ne se font pas, on passera à côté d'un certain nombre de gros projets industriels en Gironde comme en Nouvelle-Aquitaine qui ont besoin d'électricité décarbonée et bon marché. » Ce chef d'entreprise installé dans le Blayais s'exprime devant 150 personnes réunies, ce mercredi 25 juin, dans la salle polyvalente de Bayon-sur-Gironde, au bord de l'estuaire, 30 kilomètres au sud des quatre réacteurs nucléaire.
À l'invitation de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) Bordeaux Gironde, élus et représentants du monde économique sont venus entendre des lobbyistes du nucléaire vanter les atouts économiques de cette énergie bas carbone mais, surtout, de l'implantation de deux réacteurs de nouvelle génération EPR 2 à Blaye, à l'horizon 2040. Alors que six premières paires d'EPR 2 sont déjà attribuées à Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Nord) et Bugey (Ain), quatre nouveaux sites doivent en effet être sélectionnés par EDF et l'État fin 2026.