Le député Jean-Michel Brard a présenté un rapport parlementaire qui sonne comme un avertissement : le modèle français de l’eau potable vacille. Entre hausse des coûts, pollutions persistantes comme les PFAS et gouvernance fragmentée, les collectivités se retrouvent confrontées à un choc financier et opérationnel d’ampleur.« L’eau n’est plus une certitude mais un défi sanitaire, économique et géopolitique », prévient d’emblée le député Jean-Michel Brard lors d’une conférence de presse ce lundi 18 mai à Nantes (Loire-Atlantique), à l’initiative de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation de l’Assemblée nationale.
Fruit d’un an de travaux et de 33 auditions, le rapport qu'il dévoile montre des « failles structurelles » profondes dans la gestion de l’eau, symptôme d’un modèle à bout de souffle, tiraillé entre des exigences réglementaires de plus en plus strictes, notamment avec la montée des pollutions aux PFAS, ces « polluants éternels » très difficiles à traiter, et des moyens insuffisants. Pour les collectivités « livrées à elles-mêmes », la facture s’annonce lourde dans un contexte déjà marqué par des ressources financières limitées.
Un « mur d’investissements » pour les collectivités
Pour répondre à cette impasse, le rapport déroule 42 recommandations visant à refonder en profondeur le modèle. Elles s’articulent autour de trois axes : mieux financer la transition, renforcer la qualité de l’eau et repenser la gouvernance.
Parmi les mesures clés : la suppression de certaines contraintes pesant sur les agences de l’eau ou encore un plan national de recherche sur les technologies de dépollution. Y figure aussi la création de nouvelles ressources. Le rapport propose ainsi une taxation de 0,2 centime par litre sur l’eau en bouteille (hors verre) destinée à financer des dispositifs d’accès universel à l’eau. Cette mesure pourrait générer entre 16 et 18 millions d’euros par an.