Entre 2011 et 2021, ce sont chaque année 1 823 nouveaux cas de cancers pédiatriques qui ont été diagnostiqués selon l’Institut national du cancer (INCa). Une moyenne qui fait de cette maladie, la deuxième cause de décès chez les 2-17 ans, derrière les causes externes de mortalité tels les accidents. Par ailleurs, deux tiers des enfants qui survivent auront des séquelles de leurs traitements. C’est pour cela notamment que l’AP-HM s’est lancé dans un projet d’acquisition d’une IRM-Linac. Cette machine, ultra-innovante, qui viendrait équiper le plateau technique, réuni une IRM et un accélérateur de particules. Un couplage inédit qui permet préciser de limiter voire d’empêcher de toucher les tissus sains entourant la tumeur.
« La tumeur est fixée sur un organe qui est en mouvement permanent, les autres organes autour étant également en mouvement », souligne Laetitia Padovani, cheffe du service d’oncologie-radiothérapie des hôpitaux de La Timone et Nord, à Marseille, « comme nous avons besoin d’une imagerie, nous utilisons le scanner pour positionner le patient avant sa séance de manière la plus exacte possible afin de s’assurer que sa maladie est bien dans le champ que nous allons délivrer ». Dans ce champ, le scanner délivre des rayons ionisants. Même si ces « doses sont faibles, nous ne savons pas les calculer car nous n’avons pas la technologie pour le faire et nous ne savons pas non plus comment elles se diffusent dans le corps. Ce que nous savons, c’est que quand le corps est grand, la diffusion est assez peu large, proportionnellement à la taille du corps. A l’inverse, quand le corps est petit, la diffusion est proportionnellement beaucoup plus large. Si on fait un scanner sur le ventre d’un enfant pour repositionner sa tumeur abdominale, nous avons beaucoup de risques de délivrer des faibles doses sur sa thyroïde, par exemple. Ce qui n’est pas le cas pour un adulte ».