La maison mère de Google a vu son action bondir de plus de 5 %, propulsant sa capitalisation à 3 825 milliards de dollars, effaçant les doutes post-ChatGPT et place Alphabet en concurrence directe avec Nvidia, Apple et Microsoft pour la deuxième place du classement boursier américain.
Le géant Alphabet s’est rapproché du seuil des 4 000 milliards de dollars de valorisation boursière ce lundi, une performance qui le destine à rejoindre un club très select d’entreprises. Seules Nvidia et Apple y figurent actuellement, Microsoft ayant également atteint ce niveau par le passé.
L’action d’Alphabet a enregistré une hausse de plus de 5 % pour atteindre un nouveau sommet historique à 315,9 dollars, conférant à la société une capitalisation de 3 825 milliards de dollars. Cette progression marque un bond spectaculaire de près de 70 % depuis le début de l’année, dépassant nettement la performance de ses rivaux directs dans la course à l’IA, Microsoft et Amazon.
Retour en grâce
Cette envolée des cours traduit un revirement de sentiment chez les investisseurs. Après le lancement de ChatGPT en 2022, certains craignaient qu’Alphabet ait perdu son avance technologique, et ce, malgré le fait que l’entreprise soit à l’origine d’une grande partie de la technologie sous-jacente de l’IA générative.
Alphabet a repris l’initiative cette année en transformant son activité cloud en moteur de croissance majeur. Un élément clé de ce retour en force a été l’acquisition de 17,8 millions d’actions par Berkshire Hathaway, la holding de Warren Buffett. Steve Sosnick, analyste en chef chez Interactive Brokers, identifie cette prise de participation comme un facteur d’attraction essentiel pour les investisseurs.
« Même s’il est peu probable que Warren Buffett ait joué un rôle direct dans cet achat, le marché suit toujours le raisonnement selon lequel tout ce que fait Berkshire mérite d’être imité, et pour être juste, cela fonctionne depuis longtemps », analyse Steve Sosnick.
Le lancement récent de son modèle de langage de nouvelle génération, Gemini 3, a également apporté un « coup de pouce supplémentaire » à l’action.
Concurrence directe avec Apple et la menace d’une « bulle » technologique
Avec une capitalisation de 3 825 milliards de dollars, Alphabet se trouve à moins de 5 % du seuil des 4 000 milliards. L’entreprise n’est plus qu’à 228 milliards de dollars de la valorisation d’Apple. Si Alphabet venait à dépasser Apple, elle deviendrait la deuxième plus grande entreprise américaine pour la première fois depuis 2018.
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Le rallye boursier de Google intervient aussi alors que les géants de la tech sont largement sortis indemnes de la poussée antitrust bipartite lancée sous le premier gouvernement du président Donald Trump. L’entreprise a notamment échappé à une vente forcée de son navigateur Chrome après qu’un tribunal a jugé que son activité de recherche constituait un monopole illégal, tout en refusant d’ordonner un démantèlement.
Le spectre d’une bulle IA
Cet engouement pour l’IA et cette montée en flèche des valorisations soulèvent des craintes. Certains dirigeants d’entreprise s’inquiètent d’un découplage entre les mouvements du marché et les fondamentaux économiques, évoquant le spectre d’une bulle, potentiellement comparable à celle de l’éclatement des valeurs Internet à la fin des années 1990.
Ces inquiétudes sont amplifiées par une série d’opérations croisées impliquant OpenAI et Nvidia, deux des acteurs les plus centraux du boom de l’IA.
Les atouts structurels de Google face à Nvidia
Malgré les doutes sur les valorisations, les analystes s’accordent à dire que Google reste bien placé dans la course à l’IA. Cette confiance repose sur plusieurs forces structurelles. Alphabet dispose d'une forte trésorerie, de puces développées en interne – alternatives aux coûteux processeurs Nvidia – et d'un vaste empire de recherche Web déjà optimisé par l'IA.
En parallèle, le secteur technologique du Stoxx a rebondi de 1,29 % ce lundi, après une chute de 2,33 % la semaine précédente. L’accalmie sur la politique monétaire a relégué au second plan les doutes sur la technologie, après une période de forte volatilité.