La folle semaine où Nvidia a relancé l’euphorie autour de l’IA

Jensen Huang, PDG de Nvidia à Taïwan, le 8 novembre 2025.
/FW1FP/Billy Mallard - REUTERS - Ann Wang

Jensen Huang, PDG de Nvidia à Taïwan, le 8 novembre 2025.
/FW1FP/Billy Mallard - REUTERS - Ann Wang
Fausse alerte ! La fête peut continuer à la Bourse américaine. À l’ouverture des marchés, vers 15 h 30 à Paris, l’indice S&P 500 grimpait de 1,6 % quand l'indice technologique Nasdaq affichait 2 % de hausse. Ce, avant de retourner légèrement en territoire négatif vers 18h.
L'humeur acheteuse du début de journée est venue d'une seule annonce : les résultats que Nvidia a publiés mercredi soir. Au troisième trimestre, le géant des puces a largement battu les attentes en affichant un chiffre d’affaires de 57 milliards de dollars. Un montant colossal qui représente une hausse de 62 % sur un an et a fait grimper le cours du géant des puces de 3,7 % à l'ouverture de Wall Street. Surtout, l'annonce tout sourire du PDG de Nvidia, Jensen Huang laisse croire que la folle croissance de l’intelligence artificielle a encore de beaux jours devant elle.
La semaine avait pourtant mal commencé pour le secteur. L'effrayante petite musique d’une « bulle de l’IA » s'était faite de plus en plus insistante, vendredi, lorsqu'une légende de Wall Street, Michael Burry, connu pour avoir anticipé la crise des subprimes en 2008, avait annoncé qu'il fermait son fonds Scion Capital (154 millions de dollars d’en-cours). Le héros du film « The Big Short » a répété à qui voulait l'entendre que les cours des actions de la tech américaine étaient surévalués et qu'ils ne pourraient pas se maintenir à de tels niveaux longtemps. Surfant sur la vague de l’IA, Nvidia est, en effet, devenue la première société de l’Histoire à dépasser les 5 000 milliards de dollars de capitalisation boursière… soit 2 000 milliards de plus que le poids de la dette française. Des montants jugés comme injustifiés par le financier.
Lundi, ce fut au tour de l’ingénieur spécialisé en IA Luc Julia, un de concepteurs de l'assistant vocal Siri, de prévenir : « La bulle qui consiste à financer la course à l’infini via la super-intelligence va exploser », a mis en garde le directeur scientifique de Renault sur LCI. Quelques heures plus tard, Luis de Guindos, un haut responsable de la Banque centrale européenne, a lui aussi alerté sur le risque d’un effondrement boursier. Il a notamment pointé les « risques liés à d’éventuels chocs » sur la finance et l’économie inhérents aux « modèles économiques fondés sur l’IA ».
Pour ne rien arranger, le même jour, Bloomberg a révélé que le fonds spéculatif du milliardaire et entrepreneur de la tech Peter Thiel a vendu toutes ses participations dans Nvidia au cours du troisième trimestre, soit l’équivalent de 100 millions de dollars. Soit une semaine après que le géant japonais SoftBank a lui aussi décidé de sortir Nvidia de son portefeuille en vendant 5,8 milliards de dollars d’actions.
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Le monde de la finance se prépare au choc. Le patron de Google met en garde mardi sur les répercussions d’un krach boursier sur l’économie mondiale. « Toutes les entreprises seraient touchées si la bulle de l’IA venait à éclater », a explique Sundar Pichai, pourtant PDG de l’une des entreprises mondiales qui investit le plus dans cette nouvelle technologie.
Malgré le pessimisme latent, les milliards continuent de pleuvoir sur le développement de cette technologie. Inexorablement. Toujours mardi, Nvidia et Microsoft annoncent investir la bagatelle de 15 milliards de dollars dans la start-up Anthropic. Un montant stratosphérique qui ne représente en réalité qu’une goutte d’eau dans l’océan du financement de l’IA.
Cet afflux inarrêtable d'investissements a même commencé à peser sur l’optimisme historique de Wall Street. Au cours des sept derniers jours, l’indice S&P 500 a perdu 2,5 % quand Apple a vu son cours dégringoler de 2,2 %, Nvidia de 2,4 %, Meta de 3,6 %, Microsoft de 4,9 % et qu’Amazon a même subi une chute de plus de 8 %. Les craintes grandissantes ont même impacté le cours du bitcoin dont le cours a dévissé de 17 % entre jeudi dernier et mercredi soir.
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Mercredi soir, un homme a mis fin à l’inquiétude générale. « On a beaucoup parlé d’une bulle autour de l’IA. De là où nous sommes, nous voyons les choses très différemment », a pointé le PDG de Nvidia. Après avoir dévoilé des résultats encore plus mirobolants qu’attendu l’emblématique star de l’intelligence artificielle s’est même permis de préciser que « nos puces GPU pour le cloud sont sold out ». De quoi raviver l’espoir que la croissance liée à l’IA a encore quelques beaux jours devant elle.