La loi influenceurs de 2023 est déjà jugée insuffisante pour lutter contre les nouvelles pratiques problématiques qui émergent sur les réseaux sociaux, comme la vente de formations masculinistes, les lives TikTok qui incitent à la dépense, ou le proxénétisme organisé sur OnlyFans. Partant de ce constat, Bercy a annoncé vouloir concrétiser plusieurs mesures proposées dans un rapport parlementaire remis le 12 janvier.Plus de deux ans après l’adoption de la loi influenceurs en 2023, de nouvelles mesures pourraient être appliquées rapidement pour lutter contre certaines dérives. La ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Hénanff a annoncé qu’une feuille de route serait prochainement présentée sur le sujet, lors d’une conférence de presse ce mardi 13 janvier. La ministre s’appuie sur un rapport du député Arthur Delaporte (PS) et de l’ancien député Stéphane Vojetta (EPR), présenté le 12 janvier à Sébastien Lecornu ainsi qu’à la ministre du Numérique, à Bercy. Le rapport formule au total 78 recommandations.
Toutes ne seront pas retenues dans l’immédiat, mais certaines sont déjà validées par l’État et doivent se « traduire en actes dès les prochaines semaines », a assuré Anne Le Hénanff. Les rapporteurs comme la ministre constatent que les « territoires de l’influence sont mouvants » : les mauvaises pratiques passent d’une plateforme à une autre, ou d’une fonctionnalité à une autre, notamment sur les lives TikTok ou au sein des jeux vidéo en ligne. D'où l'importance d'agir vite.
Portail unique de signalement et registre des agents d’influenceurs
Parmi les mesures qui devraient être rapidement concrétisées figurent la création d’un portail unique de signalement des « désordres numériques », les outils existants étant jugés aujourd’hui « trop éparpillés », la mise en place d’un dispositif de veille interministériel pour détecter les nouvelles tendances problématiques issues des réseaux sociaux, ainsi que la création d’un registre public des agents d’influenceurs, conditionnée à une autorisation d’exercer.
La ministre s’alerte notamment sur les agents opérant sur la plateforme OnlyFans, qui se présentent comme des professionnels et mettent en place des pratiques relevant, selon elle, d’une « prostitution 2.0 ».