IA : Grok dans la tourmente, entre enquêtes judiciaires et pressions politiques
latribune.fr
En France, le parquet de Paris a annoncé vendredi l'extension d'une enquête ouverte depuis l'été contre X, afin d'examiner ces nouvelles accusations visant Grok.
L’assistant d’intelligence artificielle Grok, intégré au réseau social X, est mis en cause après la révélation de failles ayant permis la génération d’images sexuelles illégales, impliquant notamment des mineurs. L’affaire a conduit à l’élargissement d’une enquête judiciaire en France et relance le débat sur la responsabilité pénale des plateformes d’IA.
Ce qui devait incarner une vitrine de l’IA générative se retrouve confronté à l’une des lignes rouges les plus strictes du droit pénal. Grok, l’assistant d’intelligence artificielle du réseau social X, a reconnu vendredi l’existence de « failles » ayant permis à des utilisateurs d’obtenir des images à caractère sexuel impliquant des mineurs ou des femmes, suscitant des réactions à l’international et l’élargissement d’une enquête judiciaire en France. Dans un message publié sur X, le compte officiel de Grok a admis des défaillances dans ses garde-fous : « Nous avons identifié des failles et les corrigeons de toute urgence – la pédopornographie est illégale et interdite », a écrit l’IA, en réponse à l’interpellation d’un internaute après plusieurs jours de signalements.
Ces signalements portent sur des pratiques consistant à soumettre à Grok des photos ou des vidéos de personnes réelles — dont des enfants et des adolescents — afin d’obtenir des versions retouchées les dénudant totalement ou partiellement. Des femmes majeures ont également été visées, leurs images ayant été modifiées sans leur consentement à des fins sexuelles.
La société xAI, qui développe Grok et appartient à Elon Musk, n’a pas réagi publiquement. Déjà critiquée ces derniers mois pour certaines réponses polémiques de son assistant, l’entreprise s’est contentée, vendredi, d’une réponse automatique aux questions de l’AFP affirmant que « les médias traditionnels mentent ».
Des enquêtes lancées en France
Dans un échange avec un internaute, Grok a toutefois reconnu qu’une entreprise américaine peut « encourir des poursuites civiles ou pénales si elle facilite en connaissance de cause ou échoue à prévenir la génération » de contenus pédopornographiques. La création et la diffusion de tels contenus sont réprimées aux États-Unis par l’article 2256 du code pénal fédéral et par l’Enforce Act, une loi adoptée en 2025.
En France, le parquet de Paris a annoncé vendredi l’extension d’une enquête ouverte depuis l’été contre X, afin d’examiner ces nouvelles accusations visant Grok. Trois ministres — Roland Lescure, Anne Le Hénanff et Aurore Bergé — ainsi que deux députés ont saisi la justice, demandant le retrait immédiat de « contenus manifestement illicites ». Un signalement a également été adressé à la plateforme Pharos. L’Arcom a par ailleurs été saisie au titre de possibles manquements de X à ses obligations prévues par le Digital Services Act, alors que les autorités européennes durcissent leur vigilance face aux dérives de l’IA générative.
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