« Dès 2030, il ne sera plus accepté d’acheter des produits sans sécurité post-quantique », entretien avec le directeur de l'Anssi, le cyber-pompier de l'État
Rencontré à Monaco lors des Assises de la cybersécurité, Vincent Strubel, le directeur de l'agence en charge des alertes cyber sur le sol français, a profité de l'événement pour mettre en avant les nouvelles certifications de sécurité post-quantique.
Lors des Assises de la cybersécurité, un événement réunissant l’écosystème français de la cybersécurité du 8 au 10 octobre, Vincent Strubel, directeur général de l’Anssi, a souligné l’importance de développer des solutions capables de résister aux attaques d’un ordinateur quantique. Si ces machines restent encore très éloignées d’une industrialisation, les chercheurs estiment qu’une fois déployées, elles pourraient compromettre les systèmes de chiffrement classiques.
Rencontré sur place à Monaco, le directeur de l'agence en charge des alertes cyber, nous explique pourquoi il est crucial d’anticiper ces scénarios catastrophes, tout en rappelant les nouveaux standards qui devraient entrer en vigueur avec la transposition du règlement européen NIS2.
La Tribune - Dans un geste rare, vous êtes intervenu pour démentir une prétendue cyberattaque relayée et amplifiée sur les réseaux sociaux. Cette réaction montre-t-elle qu’il devient nécessaire d’apporter un peu de raison dans la panique autour des fuites de données ?
VINCENT STRUBEL - Ma première préoccupation, c’est que les équipes concernées puissent faire correctement leur travail. Dans le cas de la revendication visant l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), il a fallu, comme à chaque fois, un temps d’enquête et d’analyse pour mesurer l’impact réel. C’est parfois frustrant, y compris pour les professionnels, mais cela prend du temps et on a besoin de le rappeler avant que les réseaux sociaux s’emballent. Les équipes chargées de la sécurité, elles, ne peuvent pas être guidées ou influencées par le poids médiatique d’une revendication. Ce qui est regrettable, c’est qu’une fois la rumeur amplifiée, le mal est souvent fait. On retient avant tout que l’entité a été attaquée, même lorsque tout est faux.
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