Présent à l'événement Adopt AI, le ministre de l’Économie, des Finances et la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, a appelé l’Europe à faire de l’intelligence artificielle un levier de puissance, en misant sur ses valeurs, son électricité décarbonée et sa capacité à réguler.Quelques jours après le premier sommet franco-allemand sur la souveraineté numérique, le gouvernement enfonce le clou lors du sommet Adopt AI, organisé par le cabinet de conseil Artefact à Paris les 25 et 26 novembre. Lors de son allocation -en anglais- devant quelques centaines de personnes, Roland Lescure n'a pas seulement parlé technologie.
Le ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, a livré une lecture historique du moment que traverse l’Europe. En convoquant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) des années 1950 puis la création du marché unique et de l’euro à l'aube des années 2000, le ministre a replacé l’intelligence artificielle dans la lignée des grands projets structurants du continent. Comme hier, estime-t-il, un nouvel acte politique doit émerger : celui d’une Europe pionnière de l’IA.
« Des cerveaux, des serveurs et des valeurs »
Pour faire du Vieux Continent non pas « le seul endroit où l’IA se développe », mais « un endroit différent », fidèle à ses valeurs démocratiques, le ministre trace une voie européenne fondée sur un triptyque : « des cerveaux, des serveurs et des valeurs ».
Sur les infrastructures, Roland Lescure a insisté, malgré les doutes croissants des experts quant au risque d'explosion de bulle, sur la nécessité d'accélérer dans la course à la construction de data centers en Europe. Le ministre promet une Europe de l’IA portée par une électricité « bon marché et décarbonée », et annonce vouloir « refaire en quelques années » ce que la France avait accompli dans les années 1970 avec le déploiement du parc nucléaire : garantir une abondance d’électricité propre pour alimenter les futurs data centers européens.