Pourquoi OpenAI va donner gratuitement accès à ChatGPT aux citoyens de Malte
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L'icône de l'app ChatGPT
DR - REUTERS - REUTERS - Dado Ruvic
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C'est une première mondiale. Ce samedi, OpenAI et le gouvernement maltais ont annoncé un accord qui donnera à chaque citoyen et résident de l'île un accès gratuit pendant un an à ChatGPT Plus, le service payant du célèbre robot conversationnel. Cette initiative sera supervisée par l’Autorité maltaise pour l’innovation numérique, qui gérera l’accès aux abonnements gratuits à ChatGPT Plus.
Car, pour obtenir un accès gratuit à ChatGPT Plus ou à Microsoft 365 Personal Copilot, les résidents de l'île et les citoyens maltais vivant à l'étranger devront suivre un cours de deux heures sur l'utilisation de l'intelligence artificielle dispensé par l’Université de Malte.
« Grâce à ce cours “IA pour tous”, nous veillons à ce que chaque citoyen, quelle que soit son origine, ait la possibilité d’acquérir la confiance et les compétences nécessaires pour s’épanouir dans un monde numérique », a déclaré Silvio Schembri, ministre maltais de l’Économie.
Si l'annonce semble être une nouvelle particulièrement bonne pour Malte qui pourra profiter des gains de productivité offerts par l'intelligence artificielle, pour OpenAI, les raisons semblent plus floues. En temps normal, ChatGPT Plus coûte 23 euros par mois quand Copilot est facturé entre 10 et 39 euros par mois.
Mais avec cette opération commerciale, l'entreprise de Sam Altman entend bien garder une longueur d'avance sur la concurrence grandissante d'Anthropic et de son robot Claude.
George Osborne, directeur d’« OpenAI pour les pays », a estimé que l’intelligence artificielle était en passe de devenir « un service public essentiel » et a exprimé l’espoir que d’autres gouvernements suivraient l’exemple de Malte. Le représentant a bien compris que chaque personne qui bénéficie de cet abonnement gratuit d’un an à ChatGPT Plus constitue un client potentiel sur le long terme.
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Malte est d'ailleurs un choix loin d'être anodin pour cette initiative. Ce petit pays européen compte une population de seulement 550 000 habitants, tout en présentant un appareil gouvernemental particulièrement concentré et centralisé. Grâce à cela, l'entreprise américaine pourra donc tirer des conclusions de cette expérimentation assez facilement, sans prendre de grands risques financiers.
Or cet apprentissage sur les futurs clients peut valoir cher dans le monde de l'IA. Surtout au moment où Anthropic annonce que son chiffre d'affaires annualisé a « désormais dépassé les 30 milliards de dollars, contre environ 9 milliards fin 2025 ». Une dynamique de revenus exponentielle qui pourrait bientôt lui faire générer davantage d'argent qu'OpenAI. L'entreprise de Sam Altman a donc besoin de croître et de fidéliser ses clients, surtout après avoir signé en avril un accord avec le département de la Défense américain pour déployer ses modèles dans des environnements classifiés, qui a suscité des inquiétudes. Selon le patron d'OpenAI, Sam Altman, les systèmes d'IA d'OpenAI ne doivent pas être utilisés « intentionnellement » à des fins de « surveillance » des citoyens américains. De son côté, Anthropic avait refusé d'ouvrir ses modèles sans restrictions à l'armée américaine au nom de l'éthique, provoquant l'ire de Donald Trump.
Après ces épisodes aux potentielles retombées toxiques pour l'image de marque d'OpenAI, la start-up veut tourner la page et continuer de se propager dans le monde. C'est dans cette optique que l'entreprise a octroyé au gouvernement grec un accès anticipé à une version de ChatGPT axée sur l’éducation, tandis qu'elle a annoncé une collaboration avec SAP, le leader allemand des logiciels d’entreprise, pour fournir des services d’IA au secteur public du pays.
Et ce mouvement est suivi par d'autres géants de l'IA. Anthropic s’est, lui, associé à l’Islande pour équiper tous les enseignants de Claude, un assistant IA conçu pour faciliter la préparation des cours et les tâches administratives. L'entreprise a aussi signé un protocole d'accord avec le gouvernement britannique pour améliorer l’accès du public aux informations et aux services gouvernementaux grâce à des solutions basées sur l’IA.
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