Dans le monde des semi-conducteurs, certaines entreprises sont sur le toit du monde, quand d’autres n’en finissent plus de tomber. Une image arrivée à son paroxysme ce jeudi. Alors que Nvidia a gagné 3,2 % à l’ouverture de la Bourse américaine, vers 15h30 à Paris - avant de revenir légèrement dans le rouge vers 18h - le champion français du secteur, Soitec, s’effondrait, au même moment, de 30 %. Une chute brutale pour le spécialiste français de substrats pour puces ,sanctionné pour avoir annoncé une prévision de hausse de son chiffre d’affaires entre 5 % et 9 % au troisième trimestre… contre 25,3 % attendu par les analystes.
Et cette journée n’est que le point culminant de la chute de Soitec. Sur un an, son cours s’est effondré de 61 %. Pendant ce temps, Nvidia affiche une hausse de 26 % de son action sur la même période.
Deux entreprises de semi-conducteurs, deux trajectoires radicalement différentes. Cette divergence de trajectoire révèle un abysse grandissant entre les géants mondiaux des puces et les spécialistes français à la peine. Alors que le concepteur américain AMD et le fondeur taïwanais TSMC affichent respectivement des hausses de 61 % et 41 % sur un an en Bourse, leur concurrent français STMicroelectronics a dégringolé de plus de 17 %.
Comment expliquer le retard des champions français ? Une partie de la réponse se trouve dans la concentration des capitaux sur les géants du secteur. « Nvidia représente 7 % du S&P 500 et est dans tous les portefeuilles. De l’autre côté, Soitec et STMicroelectronics ne disposent pas d’une capitalisation suffisante pour entrer dans l’ETF monde. Donc ils sont privés d’une grande partie des flux financiers », note pour La Tribune Géraldine Métifeux, gérante chez Alter Egale.