Nvidia bat encore des records, sans bousculer Wall Street
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Jensen Huang, fondateur et président de Nvidia
/FW1FP/Murali Anantharaman - REUTERS - Mike Blake
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Jensen Huang, fondateur et président de Nvidia
/FW1FP/Murali Anantharaman - REUTERS - Mike Blake
Toujours plus. Le géant américain des processeurs Nvidia a publié mercredi 20 mai des résultats largement supérieurs aux attentes, le patron, Jensen Huang faisant état d'une accélération « à une vitesse extraordinaire » des projets d'infrastructures pour répondre à la demande d'intelligence artificielle (IA) et notamment pour l'IA agentique, ces systèmes capables d'effectuer des tâches en autonomie. Ces résultats « extraordinaires » seraient directement liés à l'arrivée des agents, a répété Jensen Huang lors d'un appel avec des analystes. Dans un communiqué, ce dernier compare les constructions de data centers, qui suivent cette demande, à la « plus grande construction d'infrastructure dans l'histoire humaine ».
Le bénéfice net ressort à 58,3 milliards de dollars pour le premier trimestre de l'exercice décalé du groupe (de fin janvier à fin avril), plus que triplé par rapport à la même période de l'année précédente (+211%), selon un communiqué.
Ce nouveau coup d'éclat n'a pourtant pas enthousiasmé le marché outre mesure. Dans les échanges électroniques postérieurs à la clôture de Wall Street, le titre perdait un peu moins de 1%. « Nvidia a fait mieux que prévu mais à ce stade, c'est déjà intégré dans le cours parce qu'ils le font chaque trimestre », estime Jacob Bourne, analyste du cabinet Emarketer auprès de l'AFP. « C’est en quelque sorte considéré comme acquis », confirme de son côté Will Rhind, fondateur et PDG de GraniteShares, une société d’investissement dans les colonnes du Wall Street Journal.
Pour lui, les investisseurs s'interrogent sur la « durabilité » de cette trajectoire, en 2027 et 2028, dans un contexte de montée en puissance de la concurrence sur le segment de l'« inférence » c'est-à-dire la phase d'utilisation des modèles d'IA, qui nécessite des infrastructures et puces différentes des phases d'entraînement (de développement).
Jacob Bourne évoque aussi le scepticisme de certains observateurs quant aux accords passés par Nvidia avec une bonne partie de l'écosystème IA, partenariats qui incluent régulièrement un investissement du groupe de Santa Clara (Californie) chez son client, notamment avec OpenAI, le spécialiste du « cloud » CoreWeave et la start-up IA Cohere. Ces transactions font penser à des analystes que Nvidia « soutient la demande (pour ses propres produits) en utilisant son bilan », a-t-il dit.
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Autre interrogation : le dossier chinois. L'an dernier, l'administration Trump a autorisé la vente des puces H200 l'an dernier, mais la Chine n'a, elle, pas donné son feu vert. Jensen Huang a rejoint Trump à la dernière minute dans son avion pour Pékin lors du sommet avec Xi Jinping, mais on ne sait pas si la question des ventes de puces a été évoquée.
Durant un appel avec les analystes, Jensen Huang a rassuré les investisseurs sur la longévité de Nvidia, expliquant que l'entreprise étant très bien positionnée à la fois sur l'inférence. Puisque la prochaine puce de Nvidia, Vera Rubin est conçue pour cela, assure-t-il. Elle sera commercialisée à partir du troisième trimestre. Nvidia se voit également comme un pionnier de l'« IA physique » (incarnée par des robots), qui sera aux yeux de Jensen Huang la prochaine vague de la technologie.
MP (Avec AFP)
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