Le géant américain lance une offre présentée comme autonome de son cœur de réseau américain. Objectif affiché : séduire des acteurs européens critiques et la sphère publique. Elle est opérée par une filiale allemande créée pour l'occasion, et dirigée par le Français Stéphane Israël.Les offensives des géants américains sur le terrain du cloud souverain se multiplient. Après la qualification SecNumCloud obtenue par la coentreprise de Thales et Google en décembre dernier, Amazon lance ce 15 janvier l’offre AWS European Sovereign Cloud. Au lieu de s'allier à des entreprises françaises comme ses homologues Google et Microsoft, AWS a fait le choix de créer une holding allemande avec trois filiales dans le même pays, chargées d’exploiter et d’opérer ce cloud présenté comme « souverain européen ». Les salariés sont exclusivement des ressortissants et résidents européens.
Le public visé ? Des gouvernements, des entreprises publiques ou privées dans des secteurs très régulés pour des applications critiques. Pour inspirer confiance à ce type d'acteurs, Amazon a débauché quelques belles pointures. A commencer par Stéphane Israël, ancien haut-fonctionnaire français et ex-patron d’Arianespace. C’est lui qui dirige la nouvelle filiale en Allemagne. Et parmi les cinq membres du conseil consultatif, on trouve Philippe Lavigne, un général de l’armée de l’air française à la retraite. Excusez du peu.
Amazon promet l'autonomie opérationnelle
Mais c’est surtout en termes d’autonomie opérationnelle que AWS a décidé de donner des gages. « Les infrastructures et les services de cette offre sont installés exclusivement au sein de l'Union européenne : toutes les composantes de l'offre AWS, mais aussi la gestion des comptes et la facturation », explique Stephan Hadinger, le directeur technologique d’Amazon Web Services en France.