Une trentaine de perquisitions simultanées ont été menées ce mardi 18 novembre en France dans l’enquête pour corruption et blanchiment au détriment du groupe Altice, la maison mère de SFR. Le domicile d'Armando Pereira, l'ancien associé de Patrick Drahi, était notamment visé.Nouveau coup de théâtre dans l’affaire Armando Pereira. L’ancien associé de Patrick Drahi, le propriétaire d’Altice et de l’opérateur SFR, a vu son domicile perquisitionné dans les Vosges ce mardi 18 novembre, sur ordre du Parquet National Financier, comme nous avons pu le confirmer. Il n’était pas le seul visé puisque c’est le cas de 14 autres particuliers, ainsi que de 14 sociétés en Ile-de-France, Corse, Var et dans l’Est.
Cette opération s'est déroulée dans le cadre de l’enquête sur un système passé de corruption au détriment d’Altice et auquel aurait pu prendre part Armando Pereira. Des investigations avaient bien été lancées en septembre 2023 mais la procédure semblait s’enliser, même si elle a été prolongée un an de plus. A ce stade, Armando Pereira n’a toujours pas été entendu, comme nous l'a rappelé son avocat Jean Tamalet, du cabinet King and Spalding. Il se dit d’ailleurs satisfait que le PNF vérifie les accusations portées contre son client. « Nous aurions aimé une meilleure réactivité mais nous nous réjouissons que les choses progressent enfin.. Il était temps », a-t-il déclaré aujourd'hui, appelant maintenant de ses voeux l’ouverture d’une instruction.
Les perquisitions auraient aussi visé des fournisseurs d’Altice, d'après le journal Le Monde. Plusieurs étaient liés à l’ancien bras droit de Patrick Drahi. Ils auraient été prestataires de la direction des achats d’Altice.
Des sociétés écrans et des surfacturations
Pour l’occasion, le Procureur de la République financier Jean-François Bohnert s’est fendu d’un communiqué. Il faut dire que ces perquisitions ont mobilisé 70 enquêteurs de l’Office Central de Lutte contre la Corruption et les Infractions Financières et Fiscales (OCLCIFF) et de la Direction Nationale de la Police Judiciaire (DNPJ). Ils ont cherché à recueillir des éléments prouvant l’existence passée d’un « réseau de sociétés écrans interposées entre Altice France et certains fournisseurs et ayant permis la surfacturation de prestations et de biens », comme l’a détaillé le procureur de la République financier.