CMA CGM anticipe un ralentissement du transport maritime face aux tensions au Moyen-Orient
latribune.fr
Sur le plan de l'activité, CMA CGM a enregistré en 2025 une augmentation de 2,8% du volume de marchandises transportées, à 24,24 millions de conteneurs.
Le groupe a annoncé pour 2025 un bénéfice net de 2,4 milliards de dollars, tandis que son chiffre d’affaires a légèrement reculé à 54,4 milliards de dollars dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques et commerciales.
Le géant français du transport maritime CMA CGM (propriétaire de La Tribune, ndlr) a clôturé l’année 2025 sur un bénéfice net de 2,4 milliards de dollars, en baisse de moitié par rapport à 2024. Si le chiffre d’affaires a résisté, s’établissant à 54,4 milliards de dollars (46,4 milliards d'euros) , l’armateur reste confronté à un environnement mondial instable, marqué par des tensions géopolitiques et des perturbations commerciales persistantes.
Dans un communiqué publié vendredi, le PDG du groupe, Rodolphe Saadé, a qualifié le résultat de 2025 de « solide » dans « un environnement marqué par des incertitudes géopolitiques majeures ». Il a ajouté que la priorité du groupe cette année serait de « s’adapter pour garantir un service fiable et performant » à ses clients « dans un contexte de forte instabilité, notamment au Moyen-Orient ».
14 porte-conteneurs bloqués
La guerre au Moyen-Orient, combinée à des tensions douanières et commerciales, pèse sur l’ensemble du secteur. Selon le transporteur, « les évolutions au Moyen-Orient notamment en mer Rouge, constitueront des facteurs déterminants pour l’équilibre du marché et l’évolution des taux de fret » en 2026. L’instabilité actuelle se traduit notamment par le blocage de 14 porte-conteneurs CMA CGM dans le Golfe arabo-persique et l’impossibilité pour sept autres navires d’y entrer, perturbant les routes commerciales entre l’Asie et l’Europe.
Les attaques des rebelles Houthis au Yémen et la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran compliquent encore le transit par des points stratégiques comme Bab el-Mandeb et le détroit d’Ormuz. Les navires doivent désormais emprunter le cap de Bonne-Espérance pour rejoindre l’Europe, rallongeant les trajets et renchérissant les coûts liés au carburant et au temps de transport, même si cette situation soutient temporairement les taux de fret. Trois navires du groupe ont déjà été déroutés pour éviter ces zones à risque.
Stratégie de diversification
Sur le plan de l'activité, CMA CGM a enregistré en 2025 une augmentation de 2,8 % du volume de marchandises transportées, à 24,24 millions de conteneurs EVP. En parallèle, le chiffre d’affaires de la division maritime a reculé de 6,1 %, tandis que la marge brute d’exploitation a perdu 7,8 points, reflétant la pression sur les taux de fret. L’Ebitda du groupe s’est établi à 10,57 milliards de dollars (9,13 milliards d’euros), en baisse de 21,4 %, pénalisé par l’augmentation des capacités mondiales de transport.
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Pour limiter sa dépendance au transport maritime, CMA CGM poursuit sa stratégie de diversification. Ses activités non directement maritimes ont quasiment doublé leur chiffre d’affaires, notamment grâce à la gestion de terminaux portuaires, renforcée par le rachat du terminal de Santos au Brésil, le plus grand d’Amérique du Sud.
Pour 2026, CMA CGM prévoit une croissance « modérée » du transport maritime de conteneurs, reflétant le ralentissement attendu de la demande après une année 2025 dynamique, en partie soutenue par l’anticipation de cargaisons liées aux droits de douane américains.
L’armateur, qui exploite plus de 700 porte-conteneurs dans le monde et se classe derrière l’italo-suisse MSC et le danois Mærsk, insiste sur la nécessité de naviguer dans un contexte de volatilité accrue. « Les évolutions au Moyen-Orient, notamment en mer Rouge, constitueront des facteurs déterminants pour l’équilibre du marché et l’évolution des taux de fret », résume le groupe, mettant en évidence l’incertitude qui plane sur l’économie maritime mondiale.