Un an après son inauguration, l’atelier nordiste d'Akiem d’Ostricourt est devenu un « démonstrateur » d’efficacité industrielle.« Ce que vous verrez ici, c’est l’excellence industrielle des ouvriers et techniciens qui optimisent les process de maintenance », a introduit Fabien Rochefort, PDG d’Akiem, lors de la visite de bilan de la première année d’activité du site d’Ostricourt (62), près de la plate-forme Delta 3 de Dourges. Sous les ponts roulants, les techniciens s’affairent autour d’une locomotive. Derrière les gestes précis et les odeurs d’huile, c’est une part du rail français qui se réinvente.
Une rupture dans un marché longtemps fermé
Implanté sur six hectares près de la plate-forme logistique de Delta 3 (Dourges), l’atelier d’Ostricourt affiche 3.200 m² de production. Premier site privé “open access” du marché français, il marque une rupture dans un paysage longtemps dominé par la SNCF, opérateur historique, et Alstom, comme constructeur. Avec une promesse tenue en matière d’emplois : soixante-dix emplois pérennes créés en un an. Sans oublier les marchés sous-traités à un écosystème par des PME et ETI françaises, et notamment Alphitan pour l’ingénierie et la gestion d’obsolescences électroniques, Watech pour les pantographes, ou encore des fonderies locales pour les tampons, insiste le PDG.
L’excellence industrielle à Ostricourt repose à la fois sur l’approvisionnement en pièces détachées et sur l'ordonnancement fine des opérations pour diminuer, toujours plus, les temps d’immobilisation des locomotives. Une locomotive vient d'ailleurs de sortir d’Ostricourt en étant révisée en seulement 53 jours, contre 100 à 120 jours auparavant. L’objectif d’Akiem est aujourd'hui d’atteindre les 40 jours, non pas en sortant le chronomètre mais grâce à l'organisation et l'anticipation.
Il faut dire que chaque opération de maintenance (parmi laquelle celle de « mi-vie » pour des locomotives qui peuvent durer jusque 40 ans), coûte près de 700.000 euros. Résultat : + 15 % de disponibilité opérationnelle sur les locomotives sorties d’Ostricourt par rapport aux anciens standards. « On est sur des niveaux de performance colossaux », se félicite le dirigeant.