Le gouvernement lance sa troisième vague du « leasing social » de voitures électriques
latribune.fr
La Peugeot 208 électrique. Avec une enveloppe de 401 millions d'euros, cette formule 2026 offre jusqu'à 9 500 euros d'aide pour les véhicules électriques européens.
Le gouvernement donne le coup d'envoi de la nouvelle mouture du « leasing social ». Ce dispositif permettra à 50 000 ménages modestes supplémentaires d'accéder à un véhicule électrique neuf pour un loyer inférieur à 200 euros par mois. L'aide publique soutient désormais directement la production au sein de l'Union européenne.
La nouvelle formule du « leasing social » a été lancée ce jeudi afin d'accompagner les foyers modestes dans la transition vers la mobilité électrique. Annoncé par le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, ce dispositif de location de longue durée permet d'accéder à un véhicule propre neuf sans apport initial, la première mensualité étant compensée par l'État.
Un soutien renforcé pour l’industrie européenne
Pour cette édition, l'aide publique de base s'établit à un maximum de 6 500 euros par location, contre 7 000 euros l'année dernière. Toutefois, l'État a choisi de revaloriser significativement son soutien pour favoriser la réindustrialisation européenne.
La subvention grimpe ainsi jusqu'à 9 500 euros lorsque le véhicule, sa batterie et son moteur sont produits sur le territoire de l'Union européenne. Cette décision stratégique traduit la volonté de faire de la transition écologique un levier de souveraineté industrielle.
Quelles sont les conditions d'éligibilité pour en bénéficier ? • L'accès au dispositif est réservé aux ménages dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur ou égal à 16 880 euros par an. • Les demandeurs doivent être majeurs, domiciliés en France (métropole, Outre-mer et Saint-Pierre-et-Miquelon) et ne pas avoir bénéficié du leasing social en 2024 ou en 2025. • Ils doivent également être des « gros rouleurs » justifiant d'un trajet professionnel de plus de 10 kilomètres de leur domicile, ou effectuer plus de 8 000 kilomètres par an dans le cadre de leur activité professionnelle.
Une efficacité environnementale et économique prouvée
Les précédentes vagues de 2024 et 2025, qui avaient déjà financé 50 000 voitures chacune, ont permis de rendre le coût total d'un véhicule électrique neuf inférieur à celui d'un modèle thermique équivalent. Ce dispositif a ainsi largement compté dans la progression de l'électrique en France, dont les ventes ont atteint 112 000 unités au premier trimestre, soit 28 % des ventes de voitures, et 327 000 sur l'année 2025.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
La progression du marché français est notable en comparaison avec le reste du continent. À titre d'illustration, la moyenne des ventes de véhicules électriques au sein de l’Union européenne se situait à environ 19 % au cours des deux premiers mois de 2026.
Ce gain économique s'est également vérifié face à des véhicules thermiques d'occasion âgés de cinq à quinze ans, favorisant ainsi la sortie du parc automobile des modèles les plus polluants. L'impact de la hausse des prix des carburants, provoquée par la guerre au Moyen-Orient, a également réorienté les choix de motorisation en faveur de l'électrique.
Le décalage technique de quelques mois entre l'enregistrement des commandes à l'automne 2025 et l'immatriculation effective a de fait permis de soutenir et de booster les chiffres des ventes automobiles enregistrés tout au long du premier semestre.
Chiffres clés • 50 000 ménages bénéficiaires supplémentaires. • 401 millions d'euros d'enveloppe budgétaire globale. • 16 880 euros de revenu fiscal de référence par part maximum. • 9 500 euros d'aide maximale pour un véhicule fabriqué en Europe. • 15 000 kilomètres par an inclus sans frais supplémentaires.
Un choix de modèles variés pour un loyer modéré
Le catalogue éligible comprend une vingtaine de modèles issus d'une douzaine de marques automobiles telles que Citroën, Fiat, Kia, Jeep, Opel, Renault ou Peugeot. Les mensualités proposées se situent sous la barre des 200 euros, et descendent parfois sous les 140 euros hors assurances, entretien et options.
Ce vaste choix de motorisations et de gabarits permet de répondre aux besoins quotidiens des familles modestes tout en garantissant un cadre contractuel protecteur, incluant 15 000 kilomètres par an sans frais supplémentaires de dépassement.
« C’est la manifestation claire que l’État français veut que le leasing social soutienne la production de véhicules et de composants de véhicules électriques au sein de l’Union européenne, ce qui est un enjeu particulièrement important. »
Antoine Trouche, de l’Institut mobilités en transition, un centre de réflexion sur la décarbonation des transports
Comment ce dispositif est-il financé ? L'intégralité du programme est financée par une enveloppe de 401 millions d'euros provenant des certificats d'économie d'énergie (CEE). Ces derniers mettent à contribution les fournisseurs d'énergie selon le principe du pollueur-payeur.
Ce nouveau volet de soutien public, financé pour 50 000 bénéficiaires supplémentaires avec l'aide annoncée mi-avril par Sébastien Lecornu pour soutenir les gros rouleurs touchés par la crise énergétique, cherche à allier accessibilité sociale et souveraineté industrielle.
En incitant au remplacement des véhicules thermiques anciens par des modèles électriques neufs assemblés localement, le gouvernement espère accélérer la décarbonation des transports, alors que la moyenne des ventes de voitures électriques dans l'Union européenne atteignait environ 19 % sur les deux premiers mois de 2026.