L’Occitanie compte un réseau ferroviaire de 2 600 km, dont 1 400 km de desserte fine du territoire, la moitié en voie unique, et dotés d’encore 1 600 passages à niveau.
Emmanuel Grimault - SNCF - Région Occitanie
Trains en retard, suppressions à répétition, incidents… En Occitanie, la Région, qui gère le réseau de TER, juge la situation du service ferroviaire « inacceptable ». Sur demande de sa présidente Carole Delga, la SNCF dégaine un plan d’urgence, avec de lourds investissements à la clé.
Dans un contexte de forte dégradation de la qualité de service des trains régionaux en Occitanie, et en particulier sur l’ex-Midi-Pyrénées, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, a alerté le nouveau PDG de la SNCF Jean Castex, demandant la mise en œuvre d’un « plan d’urgence assorti d’actions immédiates » permettant d’améliorer rapidement ponctualité, fiabilité et conditions d’exploitation du réseau ferré régional.
Martelant que « le réseau reste la propriété de l’État, qui doit être le principal investisseur », la collectivité régionale évoque « un mur d’investissement de 2,5 milliards d’euros nécessaire d’ici 2032 pour garantir la sécurité, la qualité et la capacité du réseau ferroviaire en Occitanie », incluant les lignes structurantes et les lignes de dessertes fines du territoire (dites réseau secondaire).
La ponctualité, avec 88,3 % des trains à l’heure en 2024, a continué à se détériorer en 2025 pour tomber à 86,7 % sur les onze premiers mois, et même 80,7 % en novembre. Soit près d’un train sur cinq en retard.
Parallèlement, de janvier à novembre 2025, près d’un train sur cinq a été supprimé. Selon la Région, qui gère le réseau des TER, la situation est devenue « inacceptable », d’autant plus que la fréquentation des trains régionaux a enregistré une croissance de 68 % entre 2019 et 2024, « un record national », revendique la collectivité.
« On était à 65 000 voyageurs par jour en moyenne en 2019 et on a atteint les 93 000 aux pics les plus hauts, et même plus de 125 000 voyageurs lors des week-ends à 1 euro », confirme Gaël Barbier, directeur régional de SNCF Voyageurs.
Un cumul de difficultés
Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région en charge des transports, estime que l’Occitanie cumule les difficultés : « Un grand nombre de passages à niveau, un grand nombre de kilomètres de voies à sens unique, une plus grande exposition aux risques climatiques, une dynamique démographique, un enclavement ». Et donne un objectif : « gagner 1,3 point de régularité des trains d’ici fin 2026 et 2,3 points d’ici 2028 ».
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