Le conseil régional a voté jeudi en urgence 12,2 millions d’euros pour maintenir la ligne des Hirondelles, menacée de fermeture. Mais pour financer ces mobilités, un nouvel outil fiscal est mis en place : le Versement de Mobilité Régional. Une décision que le Medef Bourgogne-Franche-Comté qualifie de « coup de trop » pour la compétitivité des entreprises locales.
La ligne des Hirondelles, qui serpente entre Dole et Saint-Claude à travers les paysages jurassiens, est bien plus qu’une simple voie ferrée : elle incarne un patrimoine, un lien vital pour les territoires enclavés. Alertée par SNCF Réseau sur une possible interruption de service dès le 14 décembre, la Région Bourgogne-Franche-Comté a réagi en urgence. « Il fallait prendre nos responsabilités. Nous ne pouvions pas rester spectateurs face à la menace de fermeture », a déclaré Jérôme Durain, le nouveau président de la région Bourgogne-Franche-Comté, en marge de l’assemblée plénière du 16 octobre.
Le plan immédiat consiste à investir 12,2 millions d’euros pour permettre la poursuite de l’exploitation et éviter sa fermeture au 14 décembre prochain. Dans la Nièvre, entre Clamecy et Corbigny, autre axe rural fragilisé, la Région va plus loin que l’État en annonçant 3,6 millions d’euros pour relancer les liaisons voyageurs (l’État n’ayant prévu que 300 000 euros pour le fret).
Ces enveloppes débloquées en urgence s’ajoutent à un plan plus large d’investissement dans le ferroviaire. La Région engagera une deuxième tranche de rénovation du matériel roulant, avec 98 millions d’euros pour remettre en état 23 rames dans les ateliers spécialisés de Nevers et Tergnier, entre 2027 et 2030 et 40 millions d’euros pour la maintenance ferroviaire. Et pour rappel, la Région avait également voté en juin dernier un investissement de 170 millions d’euros pour 14 nouveaux trains.
Mais le président de Région ne cache pas l’ampleur du défi. « Ce n’est qu’un début. Nous faisons face à un mur d’investissement de 500 millions d’euros sur dix ans. La Région seule ne pourra pas porter cette charge. L’État doit assumer ses responsabilités sur ce qui reste son patrimoine. »
Une nouvelle taxe pour financer la mobilité
Pour soutenir cet effort budgétaire, la Région active un nouvel outil fiscal permis par la loi de finances 2025 : le Versement de Mobilité Régional (VMR). Ce prélèvement s’appliquera à partir du 1er janvier 2026 à toutes les entreprises de plus de 10 salariés, à hauteur de 0,15 % de la masse salariale. Objectif : générer environ 26 millions d’euros par an pour financer les mobilités dans les zones peu desservies. « Cette taxe permettra de soutenir des investissements conséquents en matière de mobilités, de renforcer l’offre et les ajustements de desserte, et d’accompagner les territoires dans l’élaboration de nouvelles solutions de transports », insiste Jérôme Durain, assumant le choix d’un prélèvement sur l’économie productive. « Je suis conscient de l’effort que cela représente pour les employeurs, mais de meilleurs déplacements bénéficieront à tous, pour l’attractivité de nos territoires, et pour le recrutement des entreprises », défend Jérôme Durain. Mais cette décision fait bondir le patronat régional.
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