Selon l’ONG Transport and Envronment (T&E), ces modèles seraient moins écologiques qu’annoncé, et ne devraient donc pas être comptés par les constructeurs « pour atteindre leur cible de verdissement de leur flotte ». Or, l’hybride rechargeable a un poids économique certain en Europe, à commencer par en France. Une telle décision pourrait donc menacer l'activité des sites qui les produisent.
Haro les hybrides rechargeables ? L’ONG Transport and Envronment (T&E) s’en prend à ces véhicules, spécialité des constructeurs allemands et de Stellantis, dans une nouvelle étude diffusée ce jeudi.
Fondée sur les données collectées par l’Agence européenne de l’environnement (AEE) avec les capteurs embarqués de 800 000 PHEV (hybrides rechargeables) immatriculés entre 2021 et 2023,T&E constateque « les consommations moyennes de ces véhicules sont de 5,9 litres aux cents, loin du 1,5 litre prévu » par la norme d’homologation européenne actuelle WLTP. Cette surconsommation de carburant « s’explique surtout par le fait que les conducteurs d’hybrides rechargeables roulent souvent avec la batterie déchargée », pointe l’association, réputée pro-électrique.
Les émissions de CO2 étant totalement corrélées aux consommations, ces véhicules émettraient, même en mode électrique, « 68 grammes de gaz à effet de serre au kilomètre, soit plus de huit fois » les valeurs d’homologation, pointe T&E. Car le moteur électrique d’appoint étant trop faible, le moteur thermique intervient très souvent, selon l’association. Celle-ci ne tient toutefois pas compte du fait que l’on peut justement bloquer la motorisation électrique pour ne fonctionner que sur ce mode.
Sur l’ensemble des parcours, ces hybrides rechargeables émettraient in fine à peine 19 % de CO2 de moins que les diesels et modèles à essence mis ensemble. Et non 75 % comme l’affichent les cycles d’homologation officiels. Le constructeur qui accumulerait les pires écarts entre la réalité et l’homologation serait Mercedes, toujours d’après l’étude de T&E.
8,8 % du marché auto en Europe
« Il est temps d’arrêter de considérer (les hybrides rechargeables) comme des véhicules à faibles émissions, notamment pour les flottes d’entreprises », estime en conséquence Bastien Gebel. Le responsable décarbonation de l’industrie automobile à T&E France demande que « la prochaine loi de finances pour 2026 ne permette plus aux grandes flottes de comptabiliser les hybrides rechargeables pour atteindre leur cible de verdissement. »
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