Renault et Ford annoncent ce mardi un partenariat stratégique. Renault fournira à l’Américain deux dérivés de ses véhicules électriques produits dans le Nord. Une lettre d’intention pour une collaboration dans les utilitaires a été également signée. Exsangue en Europe, Ford y voit une planche de salut, tandis que Renault va bénéficier des économies d’échelle.Après Nissan et ses accords stratégiques avec le Chinois Geely, Renault choisit de diversifier ses coopérations. Cette fois, le groupe de Boulogne-Billancourt a opté pour Ford. Les deux constructeurs ont « noué un accord de partenariat pour développer deux véhicules particuliers électriques Ford sur la plateforme Ampere de Renault », annonce un communiqué commun ce mardi. Il s’agit développer deux dérivés pour l’Américain des véhicules zéro émission produits actuellement par Renault dans le nord de la France, à Douai (2 800 personnes) et Maubeuge (1 850 salariés). Renault y fabrique aujourd’hui les R5 et R4, mais aussi les Mégane et Scénic.
La R5, qui vient de franchir la barre de la 100 000ème unité produite depuis la rentrée 2024, a déjà fait l’objet d’une déclinaison, destinée à Nissan (la Micra). Ce « partenariat stratégique historique » permet à la firme au losange de réaliser des économies d’échelle et de mieux remplir ses sites nordistes en sous-charge. Le pôle Electricity de Renault, comprenant les deux usines, avait pour objectif de produire 400 000 véhicules électriques par an. On en est encore très loin. Le premier véhicule Ford sur base Renault est attendu début 2028.
Utilitaires communs
En plus de leur collaboration sur les véhicules électriques, « Renault et Ford ont également signé une lettre d'intention portant sur une coopération dans le domaine des véhicules utilitaires légers en Europe ». Dans ce cadre, les deux partenaires « exploreront la possibilité de développer et de fabriquer ensemble certains véhicules Renault et Ford ».
Le groupe au losange y voit là également une solution pour élargir sa base industrielle d’utilitaires, fabriqués aujourd’hui en France, à Maubeuge (1 840 personnes, Kangoo et dérivés), mais aussi à Sandouville en Seine maritime (1 850 salariés, fourgons moyens de type Traffic) et Batilly en Meurthe-et-Moselle (2 000 personnes, fourgons de gamme supérieure comme le Master). Renault produit déjà des utilitaires pour Nissan et Mercedes, après en avoir jadis fabriqué pour Opel et Fiat. Et il est engagé dans un partenariat - en difficulté - avec Volvo sur des utilitaires électriques.