Transport médical : à Dijon, les taxis dénoncent « une mise à mort de la profession »
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les chauffeurs de taxis mobilisés contre la réforme des transports médicaux devant le CHU de Dijon.
Lydie Terrillon
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les chauffeurs de taxis mobilisés contre la réforme des transports médicaux devant le CHU de Dijon.
Lydie Terrillon
L’Assurance maladie affiche un déficit historique : 14 milliards d’euros en 2024, et jusqu’à 22 milliards attendus pour 2025. Dans ce contexte, la réduction des dépenses de santé est devenue prioritaire. Parmi les postes ciblés : le transport sanitaire, et particulièrement les trajets réalisés par les taxis conventionnés, dont les coûts explosent.
Ces derniers ont représenté plus de 3 milliards d’euros en 2024, soit 46 % des dépenses de transport de patients - une hausse de 45 % depuis 2019.
Pour tenter d’endiguer cette inflation, une nouvelle convention-cadre nationale a été signée fin 2024, imposant un tarif unique pour l’ensemble des transports médicaux réalisés en taxi. Le coût moyen d’un trajet en taxi remboursé est passé de 49 euros à 63 euros en dix ans, bien au-dessus des 38 euros en moyenne pour un VSL (véhicule sanitaire léger). Avec 6,5 millions de patients transportés en 2024, l’enjeu est de taille.
Mais sur le terrain, la réforme passe mal. À Dijon, les professionnels sont vent debout contre cette convention qu’ils jugent « injuste et intenable économiquement ». Ces derniers ont été reçu ce matin à la préfecture par la CPAM de Côte-d’Or.
De cette réunion, il en ressort que les instances locales, bien qu'à l'écoute, sont dans l'incapacité de modifier la convention. « La préfecture et la CPAM locale ont pris note des revendications mais sont bloquées par la Caisse nationale d’assurance maladie de Paris, qui est le seul décisionnaire », déplore Pascal Morel, président du syndicat des taxis indépendants de Côte-d'Or. Cette centralisation du pouvoir de décision constitue un obstacle majeur car les conventions étaient auparavant négociées au niveau départemental, permettant une adaptation aux réalités locales.
Pascal Morel, alerte : « On perd 30 à 35 % de chiffre d’affaires avec ce nouveau modèle. Les heures d’attente ne sont plus payées, les trajets sont calculés au plus court, et le tarif est unique, à 1,12 euro/kilomètres après une prise en charge à 13 euros », estime Éric Larderet gérant d’une entreprise de taxis dijonnaise et représentant du groupement des taxis conventionnés de Côte-d’Or, va plus loin en affirmant que la CPAM leur demande de « travailler à perte », ce qui est illégal en France. Il compare le nouveau tarif de 1,12 euro/kilomètres au tarif préfectoral en vigueur de 2,26 euros/kilomètres, illustrant une baisse de 50%.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
