La torture du dentiste pour l'économie britannique

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Comme chez un dentiste, les Britanniques ont la bouche ouverte, et ils savent que ça va faire mal. Le bruit strident de la roulette des coupes budgétaires se rapproche... Bzzzzzzzzzzzzzzziiiiiiiiiiiiiiii.

"Attention, ça risque de piquer un peu." On a tous connu l'avertissement d'un dentiste, qui se croit obliger de remplacer "faire mal" pour un euphémique "piquer". Mais le bruit de la roulette, couplée à la bouche ouverte et la tête renversée en arrière, sont reconnaissables de tous. A moins de se mentir, chacun sait ce qu'il se passe après.

Les Britanniques en sont exactement là. Ils ont élu un nouveau gouvernement, et celui-ci émet un bruit de roulette caractéristique depuis quelques jours. David Cameron, le premier ministre, affirme avoir découvert des dépenses "folles" réalisées par les travaillistes pendant leurs derniers mois au pouvoir. Ces derniers auraient pratiqué une "politique de la terre brûlée", selon George Osborne, le chancelier de l'Echiquier. "Dans certains cas, les dépenses semblent avoir été faites contre l'avis des comptables", ajoute David Laws, le nouveau secrétaire d'Etat au budget (un libéral-démocrate). 

Bref, ô horreur, les comptes sont dans le rouge; ô abomination, il va falloir réduire le déficit bien plus que prévu; ô terreur, nous n'avons plus d'argent.

Le déficit britannique n'est pourtant pas exactement une surprise. Le gouvernement précédent l'a chiffré à 12,2% du PIB. Mais en forçant le trait, le nouvel exécutif se donne un argument facile pour prendre des mesures très dures.

Lesquelles? Il faudra attendre le 22 juin pour le savoir avec certitude. C'est à cette date que le budget d'urgence sera annoncé. Les Britanniques risquent d'avoir des crampes à la machoire d'ici là.

Un premier coup de roulettes de dentiste, pour tester la profondeur de l'abcès, sera cependant donné dès lundi prochain. David Laws va alors dévoiler les 6 milliards de livres d'économies dans les dépenses gouvernementales promises par les conservateurs. Le gel des dépenses informatiques, et la renégociation de contrats avec des fournisseurs du gouvernement, sont prévus. Mais cela ira-t-il plus loin?

Autre interrogation: la hausse de la TVA. Beaucoup d'économistes estiment que ce serait l'une des méthodes les plus rapides et simples pour s'attaquer au déficit, avec une augmentation de 17,5% à 20%. L'accord de coalition est silencieux sur le sujet, mais les chirurgiens dentistes à l'attaque des caries budgétaires seront certainement tentées d'employer ce remède de cheval. Sans anesthésie, bien sûr. Attention, ça va piquer...

 

 

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