Les premiers pas hésitants d'Ed Miliband

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Pour son premier discours en tant que leader du parti travailliste, Ed Miliband n'a pas fait de faux pas, mais il devra s'améliorer pour convaincre

Il a buté sur de nombreux mots, surtout la première moitié de son discours. Le débit était parfois un peu saccadé, la lecture du prompteur pas toujours très déliée. Pour son premier grand discours (le texte intégral est ici), 72 heures après son élection à la tête du parti travailliste, Ed Miliband n'était pas encore très à l'aise.

A tout juste 40 ans, après ce qu'on imagine a été une semaine très intense, la performance n'était pas catastrophique. Mais elle manque d'assurance. La comparaison qui s'impose est avec David Cameron: quand il a été élu à la tête des conservateurs, il était encore plus jeune, à seulement 39 ans, alors qu'Ed Miliband a 40 ans. Mais il dégageait de lui une extraordinaire confiance en lui.

Ed Milband, lui, paraît plus hésitant. Sa jeunesse, d'habitude un atout en politique britannique (David Cameron et Nick Clegg ont tous les deux 43 ans, et George Osborne, le chancelier, a 39 ans), peut paraître cette fois-ci de l'inexpérience. Certes, il a été ministre de l'environnement pendant deux ans, très en pointe sur les négociations de Copenhague. Mais il reste peu connu du grand public britannique et devra s'imposer.

Quant à son positionnement politique, il manque un peu de clarté. Il rejette l'étiquette d'Ed le rouge, affirme qu'il faut réduire le déficit public de moitié d'ici quatre ans, et se dit dur contre l'immigration, ce qui le met dans la droite ligne du New Labour inventé par Tony Blair. Son avertissement aux syndicats pour ne pas se lancer dans de vastes mouvements de grève aussi...

Mais dans le même temps, son soutien pour le "living wage" (salaire minimum permettant un niveau de vie décent), son aveu que la guerre en Irak était une erreur, et son appel à réduire le temps de travail (mais oui, même en Grande-Bretagne) le placent plus à gauche que ses prédécesseurs.

Il reste quatre ans et demi avant les prochaines élections législatives. Ed Miliband a le temps de se faire connaître. Mais il devra éclaircir sa vision, et améliorer sa communication.

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