L'inflation britannique au plus haut depuis vingt ans

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Tirée par les prix de l'électricité, du gaz et de l'essence, l'inflation flambe au Royaume-Uni, à 5,2%.

La "stagflation" semble faire son retour au Royaume-Uni. Tandis que la croissance est quasiment au point mort, les chiffres de l'inflation publiés ce mardi vont sérieusement inquiéter les économistes.

L'indice des prix à la consommation (CPI) atteint 5,2% en septembre, contre 4,5% en août. C'est au même niveau qu'il y a trois ans en septembre 2008, également ainsi le record depuis 1997, quand le CPI a été calculé pour la première fois. Avant le CPI existait le RPI (Indice des prix au détail, qui ne comptabilisait pas les paiements des prêts immobiliers). Celui-ci a atteint 5,6% en septembre, au plus haut depuis vingt ans (juin 1991 pour être précis)(retrouvez ici l'ensemble des statistiques en anglais).

Cette flambée des prix vient avant tout des factures en gaz et électricité des ménages. Celles-ci ont augmenté respectivement de 13% et 7,5%. Les fournisseurs britanniques d'énergie ont multiplié les hausses de prix ces derniers mois. Ils sont désormais sous une très forte pression politique pour mettre fin à ces augmentations, mais ils répondent que le prix du gaz sur le marché international augmente (un grande partie de l'électricité est produite au gaz).

Plus inquiétant, l'inflation semble atteindre l'ensemble des segments de l'économie. Les prix des vêtements ont progressé de 4,4% sur le seul mois de septembre, la plus forte hausse depuis 2002. Les nouvelles collections d'automne sont habituellement le moment d'une hausse des prix, mais son ampleur a surpris.

Cette flambée de l'inflation britannique arrive alors que l'économie est en plein ralentissement. La croissance au deuxième trimestre n'a été que de 0,1% et tous les indicateurs du troisième trimestre pointent vers une décélération. C'est pourquoi le spectre de la "stagflation", qui a disparu depuis le début des années 1980, revient.

Pour la banque d'Angleterre, cela relève du cauchemard. Officiellement, son objectif est de maintenir l'inflation autour de 2%. Bien que l'inflation soit nettement au-dessus de ce seuil depuis des années, l'institution garde son taux directeur au plancher, à 0,5%, estimant que la hausse des prix devrait à terme chuter. Elle note en particulier que les salaires ne sont pour l'instant pas entrés dans une spirale inflationniste. De plus, la hausse de la TVA en janvier dernier (de 17,5% à 20%) a augmenté artificiellement l'inflation.

Le problème est que la banque d'Angleterre répète cet argument depuis des années, et que l'inflation ne chute pas. Pire: elle vient de relancer un exercice de desserrement monétaire, injectant 75 milliards de livres dans l'économie. "Nous nous demandons combien de temps la banque d'Angleterre peut continuer avant de perdre sa crédibilité dans la lutte contre l'inflation", s'interroge Azad Zangana, économiste chez Schroders. La banque d'Angleterre, et beaucoup d'autres économistes, répondent que le véritable problème est le ralentissement économique, et que de lutter contre une inflation qui vient de facteurs extérieurs (TVA, prix du pétrole et du gaz, ...) n'aurait pas de sens. Mais cela n'en rend pas moins la position de la banque d'Angleterre particulièrement inconfortable.

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Commentaires
a écrit le 26/11/2011 à 8:06 :
voilà l'effet de la planche à billet
a écrit le 23/11/2011 à 12:03 :
L'inflation permet à l'Etat de se désendetter sans augmenter les impôts et peut être considéré comme une bonne chose. L'europe y viendra aussi tôt ou tard !

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