Michel Racat, vive le ROI !

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Michel Racat, cofondateur de BeezUp. / DR
Michel Racat, cofondateur de BeezUp. / DR (Crédits : DR)
Son obsession : optimiser le retour sur investissement (ROI). À 28 ans, le cofondateur de BeezUp en a fait un business, qui a dépassé le million d’euros de chiffre d’affaires en trois ans d’activité, sans lever de fonds.

Son obsession : optimiser le retour sur investissement (ROI). À 28 ans, le cofondateur de BeezUp en a fait un business, qui a dépassé le million d'euros de chiffre d'affaires en trois ans d'activité, sans lever de fonds.

Il aurait pu être avocat : Michel Racat déroule les démonstrations, jonglant avec les arguments, dans un langage enlevé.

« Je me serais beaucoup amusé en plaidoirie, concède le volubile cofondateur de BeezUp. Mais la technicité des dossiers m'aurait rebuté. »

Cet « entrepreneur de métier » âgé de 28 ans, au gabarit poids plume, cumule déjà treize ans d'expérience dans la création et la conduite de projets.

« J'ai créé mon premier site Web à 15 ans : à l'époque, on ne parlait pas encore de "blog", mais de "site personnel". Nous y présentions des informations sur l'Ipaq, un produit de Compaq qui faisait rêver tous les geeks. Puis nous avons élargi notre couverture à l'ensemble des produits de mobilité, et nous avons ajouté des tests. À la fin, le site rassemblait 150.000 visiteurs uniques chaque mois. »

Il a embarqué dans ce projet Charles Barat, qui fait désormais partie de la plupart de ses aventures entrepreneuriales, dont la dernière en date, BeezUp. L'idée de cette société est née quand il dirigeait MobiliParts, un site vendant des accessoires pour smartphones produits en Chine, qu'il cherchait à promouvoir à grand renfort d'astuces marketing.

« Promouvoir ses produits en ligne, c'est un métier de spécialistes. De la même façon qu'il ne suffit pas de se lancer en Bourse pour gagner de l'argent, il faut analyser ses investissements en communication, qui rognent les marges de l'entreprise. Une annonce pour un produit peut être rentable sur un site, mais pas sur un autre.

Nous avons audité l'efficacité de 10.000 annoncesproduits diffusées sur 10 réseaux différents, et nous avons retiré les 20.000 annonces les moins efficaces. Ainsi notre retour sur investissement est passé de 30% à 300%. »

L'intarissable Michel Racat évoque les conclusions de son étude avec un collègue du service marketing de Microsoft, où il travaillait alors en alternance avec sa formation à l'Institut supérieur d'électronique de Paris (Isep). Celui-ci l'encourage à monter une activité pour vendre cette expertise, et Michel Racat démarre sans plus attendre.

À l'été 2008, fraîchement diplômé, il lance le développement des algorithmes de BeezUp

Il refrène son caractère impatient pour prendre le temps de soigner la conception de son projet, dans ses moindres détails, jusqu'au nom de la société.

« Pour BeezUp, j'ai vraiment cherché un nom pertinent, accrocheur pour les clients. Avant, on ne se cassait pas la tête pour ce genre de choses.

Par exemple, nous avions appelé la troisième version de notre site d'information sur les appareils mobiles "Ultimate Pocket", parce que ça sonnait américain. À l'époque, c'était "hype" [chic, ndlr], mais quelques années plus tard, j'avais honte de prononcer le nom de ma société. »

Pas question de refaire la même erreur pour BeezUp, qui naît en août 2009, quand le produit est prêt à être commercialisé. Aujourd'hui, il dirige une équipe d'une vingtaine de salariés, répartis entre Paris, Tours, Bordeaux, le Luxembourg et l'Allemagne, qui oeuvre pour optimiser la diffusion sur Internet des catalogues de ses clients.

« BeezUp a toujours été rentable et nous nous autofinançons. Notre chiffre d'affaires a dépassé le million d'euros lors de notre troisième année d'activité », se félicite Michel Racat, grand adorateur du ROI (« Return On Investment »).

Il ne jure en effet que par l'analyse des données pour conduire la stratégie de son entreprise, et ne manque pas une occasion de plaider ses convictions devant les étudiants de l'Isep, ou devant ses camarades entrepreneurs, notamment lors des Dîners Vavin, un club fondé par des anciens de l'Isep.

Introduit dans ce cercle par Michel Racat, Gabriel Jarrosson, serial entrepreneur, fondateur de Le Vin de France, assure que « Michel s'exprime toujours avec passion. Quand il acquiert une conviction forte, il veut la partager pour en faire profiter les autres.

Qu'il s'agisse d'une réflexion technique sur les niveaux de marge dans l'e-commerce, ou de conseils pour la mise en place d'un module de paiement électronique. Parfois, on se dit qu'il cherche à gagner trois francs six sous. Mais c'est ainsi qu'il a fait croître sa société, sans lever de fonds. »

S'inspirant de la recette qui a fait le succès de son père

Gérant du restaurant de nuit parisien La Poule au Pot, Michel Racat préfère gérer son entreprise en « bon père de famille », laissant à d'autres le modèle start-up, « où l'argent aussitôt levé est aussitôt brûlé ».

« Michel a confiance en lui. Parfois un peu trop, au détriment de sa capacité d'écoute », sourit Charles Barat, le cofondateur de BeezUp.

« Il a une vision forte, ce qui lui permet de prendre des décisions rapidement sur une grande variété de sujets. Chaque lundi matin, il fait un point avec tous les membres de l'équipe pour les aider sur les questions épineuses, et les relancer dans leur travail pour la semaine », détaille-t-il encore.

Michel Racat laisse beaucoup d'autonomie à ses collaborateurs. Il encourage le télétravail, « si cela permet d'être plus productif ».

Lui est tout le temps au bureau. Quand il décroche, c'est pour un bon repas entre amis, ou pour un jeu de stratégie.

« Michel devrait prendre un peu de temps pour lui, estime Paul Gallavardin, ami et ancien camarade de l'Isep. Mais il est compétiteur dans l'âme, dans le jeu comme dans la vie. Il cherche toujours à atteindre le plus grand score possible. »

Même l'équipe de BeezUp envoie des signaux à son patron pour l'inviter à lever le pied : elle lui a ainsi offert un bonsaï, « symbole de zénitude », et un jardin japonais, avec du sable à ratisser pour se détendre. Deux cadeaux qui trônent en bonne place dans le bureau épuré de Michel Racat, aux côtés de deux des sept trophées de création d'entreprise qu'il a déjà remportés.

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>>> MODE D'EMPLOI

Où le rencontrer ? : « Contactez-moi via Facebook, et nous irons prendre un verre au Pied de Vigne, le café voisin de la pépinière Paris République. »

Comment l'aborder : « Parlez-moi de vos problématiques d'entrepreneur. Il n'y a pas de sujets qui me passionnent plus que celui-là ! Montrez-moi votre volonté de vous démarquer, de sortir du lot. »

À éviter ! La prospection commerciale. « Ne prétextez pas de vouloir échanger sur l'entrepreneuriat si, en fait, vous venez avec l'idée de me vendre quelque chose. »


>>> TIMELINE

  • Mai 1985 Naissance à Paris
  • 2001 Lance iPaq Astuces avec Charles Barat
  • 2006 Cofonde MobiliParts
  • 2008 Diplômé de l'Institut supérieur d'électronique de Paris
  • Août 2009 Cofonde BeezUp après un an de préparation
  • 2012 BeezUp dépasse le million d'euros de chiffre d'affaires
  • 2015 Entrepreneur. À la tête de BeezUp ou sur un autre projet

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Commentaires
a écrit le 21/03/2014 à 9:17 :
Un bel exemple. Bravo! On a besoin de jeunes entrepreneurs!
Réponse de le 21/03/2014 à 12:29 :
Oui, c'est très bien, mais elle fait quoi, au juste, sa société ? Quand on lit l'article, on a l'impression que ce qui est important c'est de créer une entreprise, ce qui a dedans étant sans intérêt !

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